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Shane: Le 18/02/2026 à 11:37 | MAJ à 18/02/2026 à 11:46
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Publié : Le 18/02/2026 à 11:37 | MAJ à 18/02/2026 à 11:46
Par : Dooshina Appigadu

Plus de cinquante ans après leur déracinement, la mémoire et la douleur n’ont rien effacé. Le lundi 16 février, quatre exilés chagossiens ont accosté l’archipel des Chagos à bord d’un dinghy, défiant la zone d’exclusion imposée par le gouvernement britannique. Leur embarcation a touché terre sur l’Île du Coin, dans l’atoll de Peros Banhos. Un geste hautement symbolique, qu’ils présentent comme le début d’un retour définitif sur ce qu’ils appellent leur « homeland ».

À leur tête, Misley Mandarin, First Minister du Chagossian Government-in-Exile. À ses côtés, son père Michel Mandarin, 72 ans, natif des îles, Antoine Lemettre, 67 ans, et Guy Castel. Ils affirment être revenus pour s’établir de manière permanente, plus d’un demi-siècle après l’expulsion forcée de la population chagossienne par les autorités britanniques à la fin des années 1960.

À peine le pied posé sur le sable, Misley Mandarin a brandi le drapeau des British Chagossians et lancé : « We are not visitors, we are here to stay forever. » Un message clair : il ne s’agit pas d’une visite symbolique, mais d’une revendication assumée du droit au retour.

Misley Mandarin affirme que d’autres Chagossiens devraient les rejoindre dans les semaines à venir. « We are making history right now », a-t-il insisté.

Pour son père Michel, l’instant est chargé d’une intensité particulière. Il n’avait que 14 ans lorsqu’il a été contraint d’embarquer sur des bateaux par les autorités coloniales britanniques. Ce déracinement brutal l’a marqué à vie. Aujourd’hui, il appelle les Chagossiens à revenir vivre sur leurs îles natales, comme avant l’expulsion, afin de renouer avec une terre qu’ils n’ont jamais cessé de considérer comme la leur.

Les quatre hommes ne sont pas seuls dans cette démarche. Ils sont accompagnés d’Adam Holloway, ancien député britannique, ancien officier de l’armée et ancien journaliste. Ce dernier a contribué à lever des fonds et à organiser ce retour. Il qualifie l’expulsion des Chagossiens de « crime contre l’humanité », dénonçant une injustice historique.

Misley Mandarin rappelle qu’environ 322 Chagossiens nés sur ces îles seraient encore en vie. Pour lui, l’urgence est réelle : il faut leur permettre de revenir avant que cette génération ne disparaisse.

Au-delà du symbole, c’est une course contre le temps qui s’engage pour un peuple en quête de reconnaissance, de justice et d’enracinement.