Dans ce contexte, la présence croissante de travailleurs malgaches à Maurice suscite une attention particulière. Les départs en provenance de Madagascar pour des emplois salariés sur l’île sont en hausse constante. Pourtant, de nombreux témoignages relayés par la presse et les réseaux sociaux dressent un tableau préoccupant : conditions de travail difficiles, non-respect des droits fondamentaux et situations assimilables à des abus.
Face à ces dérives, la ministre malgache du Travail, de l’Emploi et de la Fonction publique, Soatiana Bety Léonne Florent, a tiré la sonnette d’alarme. Elle plaide pour un renforcement de la coopération avec les autorités mauriciennes afin de mieux encadrer la migration professionnelle et de sécuriser les parcours des travailleurs malgaches.
La répartition des travailleurs étrangers par nationalité à Maurice met en évidence une forte concentration de certaines origines.
Les ressortissants indiens constituent le premier contingent avec 3 531 titulaires, suivis des Français (2 175), des Malgaches (1 304), des Sud-Africains (1 299) et des Chinois (999). À l’autre extrémité du spectre, certaines nationalités, comme les Salvadoriens ou les Saoudiens, ne comptent qu’un seul titulaire.
Un accord bilatéral de travail entre Madagascar et Maurice est actuellement en cours de préparation.
Selon les autorités, ce texte vise à définir un cadre clair et contraignant pour le recrutement et l’emploi des ressortissants malgaches sur le sol mauricien.
Parallèlement, un projet de décret est à l’étude pour réglementer les agences de placement, dont les activités avaient été suspendues ces dernières années dans le cadre de la lutte contre l’émigration illégale.
L’objectif affiché : aligner les pratiques de recrutement sur les normes internationales, garantir le respect des droits humains et assurer des conditions de travail décentes aux travailleurs migrants.
Ce tournant stratégique pourrait marquer une étape déterminante pour que la migration professionnelle des Malgaches vers Maurice ne soit plus synonyme de précarité et d’abus, mais de dignité, de protection et de sécurité juridique.