Le gouvernement mexicain envisage de revoir l’accès des mineurs aux réseaux sociaux, dans un contexte d’inquiétude croissante autour de l’impact du numérique sur la santé mentale des jeunes.
Dans un entretien accordé à l’AFP, le ministre de l’Éducation, Mario Delgado, a estimé que l’État ne pouvait rester passif face à l’ampleur des risques auxquels sont exposés les adolescents sur certaines plateformes.
Selon lui, les autorités publiques ont le devoir de protéger les mineurs et d’encadrer leur environnement numérique, d’autant plus que les entreprises du secteur privilégient souvent la croissance de leur audience au détriment de la sécurité des utilisateurs.
« L’État a la responsabilité de la tutelle dans l’éducation des mineurs. Et c’est là que nous devrions envisager de fixer certaines limites, car je ne vois pas de responsabilité de la part des entreprises pour prendre cela en charge », a affirmé M. Delgado mardi dans son bureau à Mexico.
« Meta, Facebook, TikTok : ce qui les intéresse, c’est d’avoir des abonnés, et il n’y a pas de filtres sur les contenus », a-t-il ajouté, estimant que de nombreux réseaux sociaux sont devenus des espaces « hors de contrôle » où prolifèrent des contenus violents ou pornographiques, ainsi que le cyberharcèlement.
Face à cette situation, les autorités mexicaines ont choisi de privilégier la consultation plutôt qu’une décision précipitée. Le ministère de l’Éducation a ainsi lancé un processus de dialogue réunissant parents, enseignants, représentants des communautés et acteurs du secteur numérique.
L’objectif est de recueillir les expériences du terrain afin de définir collectivement les limites qui pourraient être imposées à l’utilisation des réseaux sociaux par les mineurs. Les conclusions de ces discussions devraient aboutir, d’ici au mois de juin, à des propositions concrètes de régulation.
Pour Mario Delgado, l’enjeu dépasse la simple interdiction. Il s’agit avant tout de promouvoir une culture numérique plus responsable et plus critique chez les jeunes utilisateurs.
Le ministre insiste ainsi sur la nécessité de trouver un équilibre entre liberté d’accès à l’information et protection des mineurs dans un univers numérique en constante expansion.