Publié cette semaine par un quotidien, un rapport accablant sur les courses, précisément sur la saison 2025, circule au plus haut niveau des instances régulatrices et gouvernementales, voire au PMO. Ce rapport, rédigé par un ou des professionnels des courses de chevaux, maîtrisant les spécificités du monde hippique mauricien, dénonce les incohérences et la pauvreté dans laquelle patauge la régulation des courses avec la nouvelle HRiD de la GRA, composée dans sa grande majorité des gens qui ont des liens directs avec le MTC.
La politique de favoritisme pratiquée par la GRA, dénoncé avant la saison 2025 dans certains milieux, revient au tapis et cette fois nous apprenons que de hauts responsables du gouvernement ne sont pas insensibles à ces critiques, d’autant que le rapport dénonce un changement de critères à la dernière minute pour offrir une place de choix à une ancienne employée du MTC à la HRiD. Selon des informations disponibles, la Financial Crimes Commission serait alertée sur ce cas flagrant de « Conflicts of Interest, Questionable Independence and Erosion of Trust » alors que la HRiD « is intended to be an independent organization which is government funded in order to protect the public.” Ceux qui croient avoir tiré le gros lot avec des salaires princiers dans une industrie qui peine à redémarrer n’ont qu’à bien se tenir et dans les milieux proches du pouvoir, il nous revient que la manière dont la GRA a fait des cadeaux à un « club privé » en 2025 en matière de partenariat avec l’argent des contribuables dans un contexte économique difficile ne serait pas vu d’un bon œil.
Le rapport, très technique, montre clairement que les défaillances, voire l’amateurisme des commissaires de la HRiD, amateurisme du reste dénoncé dans le rapport Ramburn, sont tolérés par le board de la GRA. Une GRA, dont le Selection Committee , allègue le rapport, « was strongly under external influence from either the MTC or persons representing the Club. This coupled with the pro-MTC decision-making seen in the racing season, suggests that the HRID is merely a means to move the wages of the MTC onto the books of the GRA and for the public expense. This erodes public confidence and is contrary to the independence sought in the Parry Report.”
Et le rapport Parry ? Le rapport en parle évidemment d’autant que la commission Parry avait été mise sur pied par le Dr Navin Ramgoolam lui-même en 2014. Rappel des faits selon quelques coupures de presse : 2014. Le MTC est groggy, se relevant difficilement de l’épisode Gemmayze Street, cheval de Paul Foo Kune, dont la course en juin avait soulevé un tollé général sur l’hippodrome du Champ de Mars. Il avait « gunned down » et causé la perte du grand favori Albert Mooney au profit de son compagnon d’écurie Captain Firth, autre cheval appartenant à Paul Foo Kune. L’écurie Rousset, dirigée alors par le défunt Gilbert Rousset, très respecté dans le giron, refuse de participer à la journée suivante en guise de protestation. C’est l’escalade. Jean-Michel Giraud, fervent partisan des courses intègres, monte au créneau et dénonce avec véhémence une mafia…au pluriel. Mais comme il est en minorité au MTC où règne en maître la bande à Gilbert Merven, alors très proche de Paul Foo Kune et à qui il avait donné une licence d’écurie malgré l’objection de Jean-Michel Giraud, il, retrousse les manches et sollicite une rencontre avec Navin Ramgoolam, dont les fiançailles politiques avec Paul Bérenger sont par ailleurs déjà scellées en marge des élections générales. Navin Ramgoolam le reçoit. Grace aux dénonciations de Giraud, Ramgoolam prend la décision ferme de prendre le taureau par les cornes. En juillet, à une question de Nita Deerpalsing, le Dr Ramgoolam annonce l’institution d’une commission d’enquête. «C’est le fait que la confiance du public dans l’intégrité de l’industrie des courses a été sévèrement ébranlée (dented). La situation est telle que les Français diront qu’il faut un véritable remède de cheval», déclare-t-il à l’Assemblée nationale.
Le rapport de 2026 rappelle les conclusions de la commission Parry sur Foo Kune (même si depuis, Foo Kune a obtenu un judicial review favorable en Cour) et énumère le nombre de cas lié à ce même Foo Kune en 2025, à qui une licence d’écurie a été délivrée par la GRA...après avoir amendé la GRA Act ! Ce cas, apprenons-nous, commence à embarrasser plus d’un au PMO, surtout dans un contexte politique chaotique en ce moment, rendu irrespirable par la déclaration de Bérenger à l’effet que Ramgoolam serait entouré par un gang !
Le rapport aborde plusieurs aspects de la technicité des courses et montre, exemples à l’appui, l’incompétence des membres de la HRID sur notamment « Lack Of Structure and Poor decision-making », « Failure to enforce declared riding tactics », « Inconsistent and unexplained sanctions », « Failure to ride horses out to the end of the Race », « Equipment declarations and betting integrity, « Misapplication of interference Rules and sanctions », “Failure to identify issues on Race Day”, “Misapplication of the Non-runner rule”, Objections”, Failure to conduct competent inquiries”, Animal Welfare, “Illegitimate appointments – Lack of credibility”, Accountability and High-Risk Stables” et “Conflict Of Interest, Questionable Independence and Erosion of Trust”. Avant de conclure en quatre points :
"(a) Taken collectively, these matters demonstrate systemic failures in stewarding competence, consistency, and application of the Rules.
(b) The issues are not isolated errors but repeated deficiencies across race meetings, offence types, and decision-making categories.
(c) While the HRID was established to restore confidence and integrity to Mauritian racing, the performance of the Racing Stewards during 2025 materially undermined those objectives.
(d) Without significant reform in training, structure, accountability, and oversight, the integrity risks identified will persist."
Un facteur non négligeable dans ce dossier reste les dépenses considérables encourues par la Gambling Regulatory Authority (GRA), et ce, aux frais de l’État. Pour chaque journée de courses, plus d’un million de roupies d’argent public est déboursé au bénéfice du Mauritius Turf Club Jockey Club (MTCJC). Cela comprend notamment la location du Champ de Mars, le filmage des courses assuré par la MBC, ainsi que la mobilisation des forces policières. Autrefois, il faut le rappeler, c’était le Horse Racing Organiser qui assumait l’ensemble de ces charges, sans recours aux fonds publics.
À cela s’ajoutent d’autres dépenses assumées par le gouvernement en faveur du MTC, notamment le financement de l’outside rail de la grande piste, sans oublier une nouvelle couche de peinture du bâtiment du MTC. Et la liste est loin d’être exhaustive.
Selon les estimations, les dépenses hebdomadaires de la GRA liées aux courses hippiques s’élèveraient à au moins Rs 1 million par semaine, entre le paiement des policiers, la location de la piste du Champ de Mars et divers autres frais annexes. Un chiffre lourd, surtout dans un contexte où le gouvernement lui-même affirme que la situation économique du pays est précaire.
Ce constat soulève de sérieuses interrogations, à un moment précis où les allocations sociales sont revues à la baisse, où les plus démunis et les pensionnés voient certains avantages supprimés. Rs 1 million par semaine pour les courses, alors que l’aide destinée aux plus vulnérables est réduite.
Y a de quoi faire trembler certains à la GRA et à la HRID à un moment ou l'auteur ou les auteurs du rapport réfléchit (ssent) à l'idée d'alerter la FCC. Ce n'est plus le moment de..."let's play poker"...C'est beaucoup plus sérieux !