Aller au contenu principal
Accueil
Fab: Le 10/02/2026 à 20:08 | MAJ à 10/02/2026 à 20:16
Main picture
Publié : Le 10/02/2026 à 20:08 | MAJ à 10/02/2026 à 20:16

Dans son Credit Opinion publié le 4 février 2026, Moody’s Ratings confirme la notation souveraine de Maurice à Baa3, soit le dernier niveau de la catégorie investment grade, tout en maintenant une perspective négative. Cette évaluation reflète un équilibre entre des fondamentaux économiques et institutionnels solides et des vulnérabilités budgétaires persistantes.



⚖️ 𝐔𝐧 𝐩𝐫𝐨𝐟𝐢𝐥 𝐝𝐞 𝐜𝐫é𝐝𝐢𝐭 é𝐪𝐮𝐢𝐥𝐢𝐛𝐫é 𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐬𝐨𝐮𝐬 𝐩𝐫𝐞𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧

Moody’s souligne que le profil de crédit de Maurice repose sur une croissance relativement stable, une économie diversifiée à l’échelle régionale, un environnement politique stable et un cadre institutionnel efficace. La qualité de la gouvernance, la prévisibilité des politiques publiques et la solidité du secteur financier continuent de soutenir la notation.

Toutefois, ces atouts sont contrebalancés par un niveau élevé de dette publique, une taille économique réduite, et une forte exposition aux chocs externes, notamment via le commerce international et le tourisme.



💰 𝐅𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐞𝐬 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 : 𝐮𝐧𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐨𝐥𝐢𝐝𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐧𝐠𝐚𝐠é𝐞 𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐫𝐢𝐬𝐪𝐮é𝐞

Moody’s note que le déficit budgétaire a atteint 9,3 % du PIB en FY2025, bien au-delà des projections initiales, à la suite d’une sous-performance des recettes et d’une hausse marquée des dépenses. La dette publique avoisine 74 % du PIB et devrait dépasser temporairement 80 % entre FY2026 et FY2027 avant de se stabiliser, sous réserve de la mise en œuvre effective des réformes.

Les autorités ont engagé des réformes politiquement sensibles, notamment :
• le relèvement progressif de l’âge d’éligibilité à la pension de base à 65 ans ;
• la réduction graduelle de certaines prestations sociales ;
• des mesures fiscales ciblées (taxes sur hauts revenus, droits d’accise, e-invoicing, taxe touristique).

Moody’s avertit cependant que les risques restent orientés à la baisse, en raison de possibles résistances politiques, de pressions sociales et de nouvelles demandes de dépenses.



🌍 𝐂𝐫𝐨𝐢𝐬𝐬𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐞𝐭 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐚𝐢𝐧𝐭𝐞𝐬 𝐬𝐭𝐫𝐮𝐜𝐭𝐮𝐫𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬

L’économie mauricienne a enregistré une croissance solide en 2025, mais Moody’s anticipe un ralentissement autour de 3 %, à mesure que les grands projets de construction s’achèvent. La croissance reste freinée par :
• des pénuries de main-d’œuvre et des inadéquations de compétences ;
• une inflation domestique persistante, notamment dans les services et les salaires ;
• une forte dépendance aux importations, en particulier pour l’énergie et l’alimentation.

Des réformes structurelles sont en cours, notamment dans la transition énergétique, la logistique portuaire et le marché du travail, mais leur succès dépendra de leur acceptabilité politique et de leur mise en œuvre effective.



🌱 𝐄𝐒𝐆 𝐞𝐭 𝐫𝐢𝐬𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐜𝐥𝐢𝐦𝐚𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬

Sur le plan ESG, Maurice affiche des scores E-3 (environnement), S-2 (social) et G-2 (gouvernance). Les risques climatiques — érosion côtière, cyclones, dépendance énergétique — pèsent sur le profil environnemental, mais la gouvernance solide atténue leur impact sur la notation. Moody’s précise que les facteurs ESG n’ont pas d’impact matériel immédiat sur la note actuelle.



🔎 𝐏𝐞𝐫𝐬𝐩𝐞𝐜𝐭𝐢𝐯𝐞 𝐞𝐭 𝐟𝐚𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧

Facteurs positifs potentiels

Un retour à une perspective stable pourrait intervenir si Maurice parvient à :
• réduire durablement les déficits ;
• stabiliser la dette sans compromettre la croissance ;
• contenir les risques liés aux entreprises publiques.

𝐅𝐚𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐧é𝐠𝐚𝐭𝐢𝐟𝐬

À l’inverse, des retards dans la consolidation budgétaire, une hausse durable des coûts d’emprunt ou la matérialisation de passifs contingents pourraient conduire à une dégradation de la note.



🧾 𝗖𝗼𝗻𝗰𝗹𝘂𝘀𝗶𝗼𝗻

Moody’s reconnaît la résilience structurelle et institutionnelle de Maurice, mais la perspective négative constitue un avertissement clair : la crédibilité de la trajectoire budgétaire et la capacité à mener des réformes difficiles seront déterminantes pour préserver le statut investment grade du pays.