La motion de remise en liberté sous caution de l’homme d’affaires malgache Mamy Ravatomanga s’est soldée par un refus. La décision a été rendue le mardi 30 décembre par la Bail and Remand Court, sous la présidence de la magistrate Karuna Dwarka Davay, qui a estimé que les risques pour le bon déroulement de l’enquête demeuraient trop élevés à ce stade de la procédure.
Dans son jugement, la Cour a mis en avant la gravité des accusations provisoires retenues contre le prévenu, ainsi que la possibilité réelle qu’il puisse faire obstruction à la justice s’il était remis en liberté. La magistrate a notamment évoqué le risque d’interférence avec les témoins et d’altération de preuves, soulignant que l’enquête est encore en cours et que plusieurs documents et dépositions restent attendus.
L’affaire sera appelée en Cour, pour « mention », ce lundi 12 janvier 2026
La Cour a toutefois rappelé qu’en droit, l’existence de tels risques ne suffit pas, à elle seule, à justifier un refus automatique de la liberté sous caution. Un exercice d’équilibre devait donc être mené entre les droits constitutionnels du prévenu, le principe de la présomption d’innocence et l’intérêt général. À cet effet, différentes mesures alternatives ont été examinées : versement d’une caution financière, obligation de résidence fixe, pointage régulier à la police, couvre-feu, obligation de rester joignable et interdiction de tout contact avec les témoins ou autres suspects.
Cependant, la magistrate Dwarka Davay a conclu qu’aucune de ces conditions ne permettrait de neutraliser efficacement les risques identifiés. Selon la Cour, la lourdeur des peines encourues pourrait inciter le prévenu à privilégier sa liberté, même au prix de la perte financière liée à la caution. De plus, les mécanismes de contrôle proposés ne garantiraient pas une surveillance constante de ses déplacements et de ses interactions.
Au terme de cette analyse, la Cour a estimé que la nécessité de maintenir Mamy Ravatomanga en détention prévalait, pour l’instant, sur son droit à la liberté. La motion de remise en liberté sous caution a donc été rejetée.
À la sortie de l’audience, Me Kushal Lobine, l’un des avocats de la défense, a fait part de son mécontentement face à la décision. Il a notamment regretté que l’état de santé de son client n’ait pas été suffisamment pris en considération et a souligné que d’autres protagonistes impliqués dans la même affaire avaient, pour leur part, bénéficié d’une libération sous caution.
Selon nos informations, la défense s’apprête désormais à déposer un bail review devant la Cour suprême. Le panel d’avocats de Mamy Ravatomanga, composé de Mes Joy Beeharry et Kushal Lobine, étudie actuellement la stratégie à adopter.
Pour rappel, Mamy Ravatomanga est poursuivi sous le coup de trois accusations provisoires, dont deux pour blanchiment d’argent et une pour entente délictueuse.
L’affaire sera appelée pour mention devant la Bail and Remand Court, ce lundi 12 janvier 2026.