Les déclarations du président américain Donald Trump accusant l’Iran d’être impliqué dans l’attentat contre le destroyer américain USS Cole en 2000 pourraient compliquer les poursuites judiciaires contre un suspect d’Al-Qaeda accusé d’avoir orchestré cette attaque.
L’attentat du 12 octobre 2000 contre l’USS Cole, alors en escale dans le port d’Aden au Yémen, avait fait 17 marins américains tués et 37 blessés, l’une des attaques les plus meurtrières contre un navire militaire américain depuis des décennies.
Le principal accusé, Abd al-Rahim al-Nashiri, considéré comme un proche de Osama bin Laden, est détenu depuis des années à la prison américaine de Guantánamo et doit être jugé pour terrorisme et crimes de guerre.
Cependant, Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises que l’Iran était “probablement impliqué” dans l’attaque pour justifier l’offensive militaire actuelle contre Téhéran.
Or ces déclarations contredisent les conclusions officielles des enquêtes américaines, notamment celles de la commission sur les attentats du 11 septembre, qui attribuent clairement l’opération à Al-Qaïda et à al-Nashiri, sans mention d’une participation iranienne.
Les avocats de l’accusé estiment désormais que ces propos pourraient servir d’argument de défense, car si le président affirme que l’Iran est responsable, cela contredit les charges retenues contre leur client. Ils demandent donc au gouvernement américain de fournir les preuves soutenant ces affirmations.
D’anciens responsables militaires et juridiques américains soulignent également que rien dans les dossiers d’enquête ne relie l’Iran à cet attentat, et que les propos du président pourraient même compliquer ou fragiliser le procès.
Certains experts rappellent en outre que l’idéologie sunnite d’Al-Qaïda est historiquement hostile à l’Iran chiite, ce qui rendrait une coopération directe peu probable selon les éléments connus des investigations.