Alors que l'île Maurice atteint un cap symbolique de 1,4 million de visiteurs et un milliard d'euros de recettes (près de 100 milliards de roupies de recettes), Stéphane Poupinel de Valencé, PDG de Beachcomber Resorts & Hotels et président de l’AHRIM, adopte un regard lucide sur le secteur. Dans un entretien accordé à Discover & Invest Mauritius, il rappelle que le tourisme reste cyclique et sensible aux crises extérieures, de 2008 à la pandémie de Covid-19. « L’enjeu des prochaines années sera avant tout la qualité de la croissance », souligne-t-il, privilégiant la valeur par visiteur et la montée en gamme plutôt que le simple volume.
Pour 2026, les perspectives sont encourageantes, mais la réussite passe par une gestion intégrée de la destination. L’image de Maurice peut être fragilisée par des infrastructures publiques défaillantes ou des espaces dégradés. Si les hôteliers apportent leur contribution financière et leurs initiatives CSR, des solutions institutionnelles restent indispensables pour assurer sécurité, salubrité et coordination.
Concernant le développement hôtelier, Poupinel de Valencé prône une croissance raisonnée, planifiée et durable, qui protège les atouts naturels tout en améliorant l’expérience du visiteur et celle des Mauriciens. La connectivité aérienne reste un pilier stratégique : « Air Mauritius ne peut pas assurer seule l’ensemble de la connectivité », rappelle-t-il, appelant à des synergies avec le secteur privé et les autorités.
Le capital humain constitue un défi majeur. La fidélisation passe par la formation, les perspectives de carrière et la valorisation des métiers. L’AHRIM soutient la campagne Les Métiers de l’Hôtellerie et renforce l’École hôtelière Sir Gaëtan Duval pour en faire un pôle d’excellence régional.
Sur les attractions touristiques, Poupinel de Valencé insiste : « Notre potentiel n’est pas à créer, il est à structurer ». Amélioration des plages, valorisation du patrimoine et cohérence des sites relèvent avant tout d’une gouvernance efficace. La récente taxe de 3 euros par nuitée doit être accompagnée de transparence sur l’utilisation des fonds pour être acceptée. L’aéroport SSR nécessite une meilleure planification et gestion des flux plutôt que des investissements d’urgence.
Pour Stéphane Poupinel de Valencé, l’avenir du tourisme mauricien ne se joue pas dans la multiplication des lits ou des arrivées, mais dans la capacité collective à offrir une expérience homogène, fluide et qualitative : « L’avenir du tourisme mauricien repose sur une gestion intégrée de la destination ».