Aller au contenu principal
Accueil
Leckhna Sewcoomar: Le 27/02/2026 à 19:54 | MAJ à 27/02/2026 à 19:55
Main picture
Publié : Le 27/02/2026 à 19:54 | MAJ à 27/02/2026 à 19:55
Par : Dooshina Appigadu

Dans un contexte international tendu, les négociations entre l’Iran et les États-Unis autour du programme nucléaire iranien ont connu un développement inédit lors d’un cycle de discussions indirectes à Genève, sous l’égide du ministre des Affaires étrangères d’Oman. Malgré des progrès qualifiés d’historiques, aucun accord final n’a été conclu, et la perspective d’une crise plus large — diplomatique ou militaire — demeure palpable.

Pour la première fois dans ces négociations, Téhéran aurait proposé de réduire drastiquement son stock d’uranium enrichi, un point central des discussions. L’Iran s’est dit prêt à ramener ce stock à « presque rien », à travailler avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour diluer ou convertir l’uranium en combustible, ou éventuellement envisager son exportation, sous certaines conditions.

Selon des participants aux pourparlers, cette offre marque une ouverture significative de la part de l’Iran, qui jusque-là avait toujours refusé de limiter substantiellement sa réserve d’uranium enrichi — une étape perçue comme essentielle vers la prévention de toute capacité nucléaire militaire.

Les discussions, menées de manière indirecte entre les représentants des deux pays et médiées par Oman, ont été décrites comme les plus longues et les plus intenses jusqu’à présent. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a qualifié les échanges de « très productifs », tout en soulignant que la levée des sanctions américaines reste une condition essentielle pour Téhéran.

La délégation américaine, dirigée par les émissaires Jared Kushner et Steve Witkoff, a confirmé que des « progrès significatifs » avaient été réalisés, même si Washington n’a pas encore commenté publiquement les détails des concessions iraniennes.

Malgré l’ouverture iranienne sur le stock d’uranium, plusieurs points de friction persistent :

Le sort des installations nucléaires : aucune décision n’a été prise concernant le destin des sites d’enrichissement comme Natanz ou Fordow, qui restent au cœur des inquiétudes occidentales.

La levée des sanctions : l’Iran exige une levée substantielle des sanctions économiques qui étranglent son économie, une demande que Washington n’est pas disposé à satisfaire sans garanties solides.

Autres éléments de discorde : en dehors du nucléaire, des différends subsistent sur des questions régionales telles que le programme balistique iranien et le soutien aux groupes armés, bien que ces sujets aient été mis en retrait lors de cette phase de négociations.

Bien que les responsables des deux camps se disent prêts à poursuivre les discussions — notamment lors de négociations techniques à Vienne — l’incertitude demeure quant à l’issue finale de ces pourparlers.

Le contexte géopolitique rend la situation d’autant plus fragile : les États-Unis ont récemment massé d’importantes forces militaires dans la région, renforçant la pression sur Téhéran et signifiant que toutes les options restent sur la table, y compris une action militaire.

De son côté, l’Iran a averti que toute attaque serait considérée comme une agression majeure, menaçant de représailles contre les forces américaines et leurs alliés.

Alors que la diplomatie progresse timidement, le risque d’une escalade reste réel. Les observateurs estiment que les concessions proposées par l’Iran pourraient ouvrir la voie à un accord si Washington et Téhéran parviennent à trouver un terrain d’entente sur les questions de surveillance nucléaire et de sanctions. Cependant, sans adresse claire sur d’autres enjeux régionaux, et avec une pression militaire en toile de fond, l’avenir de ces pourparlers reste incertain.