L’ONG Eco-Sud a porté l’affaire devant l’Environment Tribunal afin de contester la licence d’Environmental Impact Assessment (EIA) octroyée en octobre 2024 par le ministère de l’Environnement à Le Bouchon Development Company Ltd.
Cette autorisation porte sur la réalisation d’un hôtel haut de gamme de 200 chambres à Le Bouchon, présenté comme la première phase d’un important projet de Smart City dans la région.
Les audiences, au cours desquelles plusieurs témoins ont été appelés à déposer, se sont passées les 4, 13 et 27 février. Cette affaire présente un enjeu majeur : il s’agit de la toute première contestation d’une licence EIA examinée par l’Environment Tribunal depuis l’entrée en application de l’Environment Act 2024, en vigueur depuis le 1er août 2024.
Dans sa demande, l’ONG Eco-Sud avance douze moyens pour appuyer sa contestation. Elle évoque notamment une violation anticipée des conditions attachées à la licence EIA, le promoteur ayant indiqué qu’il n’envisage pas la mise en place d’une usine de dessalement pourtant requise par l’autorisation accordée. Or, la réalisation d’une telle infrastructure est elle-même soumise à l’obtention d’une licence EIA, conformément à la législation.
Lors de la dernière audience, tenue vendredi, le directeur général d’Eco-Sud, Sébastien Sauvage, a été interrogé à la barre par Me Odile Ambrasine, représentant le ministère de l’Environnement et le State Law Office. Me Ambrasine a mis en avant les retombées économiques attendues du projet, soulignant les opportunités d’emploi pour les habitants de la région. De son côté, l’ONG a fait part de ses inquiétudes, estimant qu’un tel développement pourrait entraîner une hausse des prix du foncier et des loyers, ainsi qu’une mutation du tissu économique local, avec des conséquences possibles pour les résidents actuels.
Le tribunal est désormais appelé à analyser les arguments des deux parties avant de se prononcer.