L’affaire Mamy Ravatomanga a été appelée le mardi 30 décembre devant la Bail and Remand Court. Avant de rendre son ruling, la magistrate Karuna Dwarka Davay est longuement revenue sur les éléments de preuve présentés lors de l’audience.
La magistrate a souligné la gravité des accusations pesant sur l’homme d’affaires malgache et les risques réels qu’il pourrait faire obstruction à la justice s’il était remis en liberté. Elle a notamment évoqué le risque que le prévenu interfère avec les témoins et altère des preuves, compte tenu du caractère provisoire des charges et du fait que plusieurs documents et dépositions sont encore attendus.
Si la Cour reconnaît que la simple existence de ces risques ne suffit pas à refuser automatiquement la libération sous caution, elle devait procéder à un exercice d’équilibre entre les droits constitutionnels du prévenu et l’intérêt général, tout en respectant le principe de la présomption d’innocence. La magistrate Dwarka Davay a ainsi examiné diverses conditions susceptibles de réduire ces risques : caution financière, résidence fixe, rapport régulier à la police, couvre-feu, obligation de rester joignable et interdiction de contacter les témoins ou suspects de l’affaire.
Toutefois, la Cour a estimé qu’aucune de ces conditions ne serait suffisante pour prévenir efficacement les risques d’entrave à l’enquête. Selon le jugement, la gravité des infractions et la lourdeur possible des peines encourues rendent le prévenu susceptible de sacrifier l’aspect financier de la caution pour préserver sa liberté. Par ailleurs, les mesures de surveillance proposées ne garantiraient pas un contrôle permanent de ses déplacements et de ses interactions.
Après avoir pris en compte toutes ces considérations, la magistrate a conclu que la nécessité de maintenir Mamy Ravatomanga en détention l’emportait sur son droit à la liberté à ce stade. La demande de libération sous caution a donc été rejetée.
Pour rappel, Mamy Ravatomanga fait face à trois accusations provisoires : deux pour blanchiment d’argent et une pour entente délictueuse. Il était représenté en Cour par Mes Kushal Lobine et Irfaan Jadhakhan, Me Joy Beeharry étant absent ce mardi.
À l’issue de l’audience, Me Kushal Lobine a indiqué attendre la copie officielle du jugement et a exprimé l’insatisfaction de la défense quant à la décision rendue. Selon lui, l’état de santé de son client n’a pas été suffisamment pris en compte, et le tribunal n’a pas tenu compte du fait que d’autres protagonistes de la même affaire avaient bénéficié d’une libération sous caution.
Face à ce refus, la défense envisage désormais de déposer une demande de révision de la caution devant la Cour suprême.