Electoral Reform in Mauritius – A Technical and Historical Analysis (1982–2024). C’est le titre du rapport rédigé par Dave Kissoondoyal et déposé au bureau du Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, dans le cadre des consultations en cours sur la réforme électorale. Le document propose un modèle correctif baptisé PR20.
Fondé sur une analyse des élections générales tenues entre 1982 et 2024, le rapport met en lumière une faiblesse structurelle du système électoral First-Past-the-Post (FPTP). Sur cette période, plusieurs scrutins ont conduit à une sous-représentation marquée — voire à une exclusion totale de l’Assemblée nationale — de partis ou d’alliances bénéficiant pourtant d’un soutien électoral national significatif. Le document relève notamment des situations où des formations ayant obtenu plus de 40 % des suffrages n’ont remporté que quelques sièges, ainsi que des cas de « wipe-out » parlementaire malgré une base électorale conséquente.
La proposition PR20 repose d’abord sur le maintien du système en vigueur, avec la conservation du scrutin majoritaire uninominal à un tour et des 60 sièges de circonscription.
À ce dispositif viendraient s’ajouter 20 sièges proportionnels compensatoires, portant le nombre total de députés à 80. L’accès à ces sièges serait soumis à un seuil d’éligibilité national de 5 % des voix, applicable aux partis ou alliances.
La répartition des sièges proportionnels se ferait selon une formule progressive et compensatoire, tenant compte à la fois du nombre de voix obtenues et des sièges déjà gagnés au scrutin majoritaire. Les dix premiers sièges PR seraient attribués en priorité à des candidats non élus ayant obtenu les meilleurs scores en pourcentage de voix, tandis que les dix sièges restants seraient pourvus à partir de listes de partis, déposées le jour des nominations et rendues publiques avant le scrutin.
À travers ce modèle, le rapport vise à corriger les distorsions entre voix et sièges, à éviter les exclusions parlementaires et à renforcer la représentativité démocratique, tout en préservant la stabilité gouvernementale associée au système majoritaire.