À l’hôpital Sir Anerood Jugnauth de Flacq, ce mercredi matin, le va-et-vient est constant. Soudain, au loin, le son strident d’une sirène fend l’air. Une ambulance du SAMU arrive en urgence avec une patiente. Elle avait été transférée vers un autre établissement pour des soins spécialisés. Une intervention parmi tant d’autres pour le Service d’Aide Médicale Urgente (SAMU).
En effet, le SAMU ne se limite pas aux transferts interhospitaliers. Sa mission première : intervenir en cas de détresse vitale. En composant le 114, un numéro gratuit, le public accède directement à la régulation basée à Candos. « Nous recevons entre 1 800 et 2 000 appels par jour », explique le Dr Divyamsing Sookun, spécialiste en médecine d’urgence au SAMU.
Chaque appel est soigneusement évalué. L’opérateur pose des questions précises pour juger de la gravité du patient. Si la situation est urgente, l’équipe la plus proche est envoyée immédiatement, explique le Dr Divyamsing Sookun.
Le Dr Sookun nous précise les cas où le SAMU intervient.
Le secteur hospitalier compte 11 ambulances du SAMU. À bord : un médecin urgentiste, deux infirmiers et un chauffeur ambulancier formé aux situations d’urgence.
Le SAMU joue un rôle essentiel dans les urgences préhospitalières : accidents, malaises graves, détresses respiratoires ou cardiaques. Selon le Dr Sookun, il intervient également dans des transferts entre hôpitaux et des évacuations sanitaires vers Rodrigues, Agalega ou l’Inde.
Le Dr Sookun souligne que, sur les 1 800 à 2 000 appels reçus chaque jour, seuls 70 à 80 cas relèvent réellement d’une prise en charge par le SAMU, un service doté d’équipements performants et spécialisés.
Le service est parfois critiqué pour des retards. Mais selon le Dr Sookun, ces délais sont souvent dus à des facteurs indépendants de leur volonté, comme les embouteillages ou des équipes déjà mobilisées sur d’autres urgences graves.
Intégrer le SAMU exige une formation rigoureuse et polyvalente. Les médecins urgentistes doivent maîtriser plusieurs disciplines – pédiatrie, cardiologie, anesthésie-réanimation – afin de faire face à toutes les situations critiques.
Dans l’ombre des sirènes et de l’urgence, les équipes du SAMU, réparties à travers l’île, poursuivent leur mission : sauver des vies, chaque jour, parfois à la minute près.