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Yudhisen Mardaymootoo: Le 12/01/2026 à 09:40 | MAJ à 12/01/2026 à 09:49
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Publié : Le 12/01/2026 à 09:40 | MAJ à 12/01/2026 à 09:49
Par : La Redaction

À Maurice, la lutte contre le trafic de drogue se heurte à une réalité de plus en plus marquée : l’écart entre les moyens financiers de l’État et la puissance économique des réseaux criminels. Pour l’exercice budgétaire 2025-2026, l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) bénéficie d’une enveloppe estimée à Rs 350 millions, destinée à renforcer la surveillance, l’équipement, la formation et les capacités d’enquête. Un effort conséquent, mais qui reste modeste au regard de l’ampleur du trafic auquel l’unité est confrontée.

Interrogé à ce sujet lors d’une conférence de presse le 10 janvier dernier, le commissaire de police rassure et indique que de gros moyens seront alloués pour le combat contre la drogue.

Ces dernières années, les saisies réalisées par l’ADSU, la National Coast Guard et les services douaniers se chiffrent régulièrement en milliards de roupies. Cocaïne, héroïne, cannabis et drogues synthétiques transitent par des routes maritimes et aériennes bien structurées, avec des cargaisons parfois évaluées à plusieurs fois le budget annuel alloué à la lutte antidrogue. Certaines opérations ont mis au jour des réseaux capables de mobiliser navires, équipages spécialisés, fausses identités, technologies de dissimulation et circuits financiers sophistiqués.

Cette asymétrie financière illustre l’évolution du narcotrafic, désormais piloté par des organisations transnationales disposant de ressources quasi illimitées. Face à elles, l’ADSU doit composer avec des contraintes budgétaires, humaines et technologiques, tout en maintenant une pression constante sur le terrain. La stratégie repose alors sur le renseignement, les opérations ciblées, les enquêtes financières et la coopération inter-agences, autant de leviers permettant de compenser partiellement le déséquilibre des moyens.

Toutefois, le constat est clair : pour suivre le rythme de réseaux criminels en perpétuelle mutation, l’appareil policier doit continuellement s’adapter et se moderniser. Sans un renforcement durable des ressources, des technologies et des capacités opérationnelles, le risque est réel de voir les trafiquants conserver une longueur d’avance. La lutte antidrogue est ainsi autant une bataille sécuritaire qu’un enjeu d’investissement stratégique pour l’État.