Le Pakistan a officiellement annoncé être entré en guerre ouverte avec l’Afghanistan, dans une flambée de violence qui marque la détérioration la plus grave des relations entre les deux voisins depuis des années. La déclaration, faite vendredi par le ministre pakistanais de la Défense, intervient après une série de frappes aériennes pakistanaises sur le territoire afghan et de contre-attaques afghanes autour de leur longue frontière mouvante.
Au cours de la nuit, l’armée de l’air pakistanaise a mené des attaques contre des positions à Kaboul, Kandahar et Paktia, visant selon Islamabad des infrastructures militaires et des cibles liées aux talibans, après ce que le gouvernement appelle des attaques « non provoquées » depuis le territoire afghan.
Sur la plateforme X, le ministre de la Défense Khawaja Mohammad Asif a déclaré que « la patience du Pakistan était arrivée à son terme » et que le pays était désormais en guerre ouverte avec l’Afghanistan. Il a accusé les autorités afghanes de soutenir et d’abriter des acteurs armés responsables d’attentats et d’instabilité dans les régions frontalières.
De leur côté, les autorités afghanes, contrôlées par les talibans, ont affirmé avoir lancé une offensive transfrontalière, capturant plusieurs avant-postes pakistanais et infligeant des pertes humaines à l’armée de ce pays. Les chiffres des pertes varient considérablement : Islamabad revendique la neutralisation de plus d’une centaine de combattants afghans, alors que Kaboul évoque des dizaines de soldats pakistanais tués ou capturés.
Cette escalade intervient dans un contexte de tensions persistantes depuis l’année dernière, malgré plusieurs tentatives de cessez-le-feu et de négociations médiées par des pays tiers. Les deux pays se sont régulièrement affrontés le long de la ligne Durand, une frontière contestée de plus de 2 600 km, souvent théâtre d’échanges de tirs et d’incursions.
La communauté internationale appelle à la retenue : l’Organisation des Nations unies et plusieurs pays voisins ont exhorté Islamabad et Kaboul à cesser immédiatement les hostilités et à relancer le dialogue avant que la crise ne dégénère davantage et n’embrase la région.