Le personnel hospitalier est à bout de souffle. Dans les hôpitaux publics, le manque criant d’infirmiers continue de peser lourdement sur le fonctionnement des services, sans qu’une solution durable n’ait encore été trouvée. Face à cette situation alarmante, le ministre de la Santé, Anil Bachoo, a récemment annoncé que son ministère envisage de recourir, à titre temporaire, à des infirmiers étrangers afin de combler le déficit.
Une mesure qui, si elle se veut pragmatique, ne fait pas l’unanimité. Le président de la Nursing Association, Ram Nowzadick, plaide pour une approche concertée. Il recommande que toutes les parties prenantes – ministère, instances de formation, syndicats et professionnels de santé – se réunissent autour d’une même table afin d’élaborer une stratégie cohérente, notamment en matière de formation des infirmiers stagiaires. L’objectif : garantir un effectif suffisant dans les trois prochaines années et éviter que la pénurie ne s’aggrave.
Autre piste avancée : la rétention des infirmiers partant à la retraite. Selon Ram Nowzadick, il est impératif de mettre en place un mécanisme attractif pour prolonger leur contrat. « Il faut leur proposer des conditions très attrayantes, avec une rémunération adéquate, afin que le service puisse continuer à bénéficier de leur expertise », insiste-t-il. Il dénonce au passage le traitement salarial actuel : payer des infirmiers retraités moins que des Nursing Officers qualifiés en poste relève, selon lui, d’« une insulte ».
Le président de la Nursing Association attire également l’attention sur une autre anomalie : des infirmiers formés à Polytechnics Mauritius, pleinement qualifiés, n’ont toujours pas été recrutés dans le secteur public. Certains, après cinq années de travail sous contrat, demeurent dans une situation précaire. Une réalité qui les pousse à se tourner vers les cliniques privées.
Quant au recours à des infirmiers étrangers, Ram Nowzadick met en garde contre les implications financières et sociales d’une telle décision. « Les infirmiers étrangers ne viendront pas à Maurice pour un petit salaire. Et si on leur offre une rémunération supérieure à celle des infirmiers déjà en poste, cela risque de créer frustration et tensions au sein du personnel », prévient-il.