La guerre au Moyen-Orient plonge 24 millions de travailleurs asiatiques dans une crise silencieuse. Depuis le 28 février 2026, date des frappes américano-israéliennes contre l’Iran et des ripostes iraniennes, ces millions de salariés présents dans le Golfe voient leur quotidien bouleversé, menaçant l’économie de l’Asie du Sud et du Sud-Est.
Indiens, Bangladais, Pakistanais, Philippins, Sri Lankais, Indonésiens et Népalais forment l’épine dorsale de la région, représentant jusqu’à 90 % de la main-d’œuvre dans certains pays comme le Qatar ou les Émirats arabes unis. Employés dans la construction, les services domestiques, la santé, la logistique ou la sécurité, ils se trouvent en première ligne face aux frappes et aux zones à risque.
Les transferts d’argent vers leurs pays d’origine, vitaux pour l’économie locale, sont gravement menacés. Inde, Pakistan, Bangladesh, Philippines, Sri Lanka et Népal dépendent largement de ces flux financiers. L’arrêt des transferts, même temporaire, pourrait provoquer pénuries de devises, inflation et difficultés d’importation pour ces pays.
Les chantiers et entreprises sont à l’arrêt, les salaires suspendus, et le chômage technique se généralise. Les gouvernements asiatiques hésitent entre évacuation coûteuse et maintien des travailleurs dans des zones dangereuses. Endettés pour financer leur départ, beaucoup préfèrent rester malgré le risque.
Derrière les chiffres, ce sont des millions de familles qui retiennent leur souffle, dépendantes du conflit pour leur survie économique et physique.