Les stations de transfert de déchets sont aujourd’hui saturées à travers le pays, plaçant les autorités face à une situation critique. Dans ce contexte, les ministères de l’Environnement et des Collectivités locales ont demandé aux conseils de district et aux municipalités de suspendre la collecte des déchets volumineux entre décembre 2025 et mars 2026, une période traditionnellement marquée par une forte production de déchets.
Cette décision ne manque toutefois pas de susciter des inquiétudes. En effet, de nombreux Mauriciens profitent de la fin d’année pour se débarrasser de meubles usagés, d’électroménagers hors d’usage ou d’autres objets encombrants. Quelles sont les solutions… nous faisons le point.
Pour Shayn Sinnassamy, de l'ONG SovLanatir et de la CTSP, cette situation relève d’une certaine nonchalance des autorités. Il appelle à une véritable volonté politique, soulignant la gravité des risques liés à la prolifération de maladies et de virus dans un contexte de déchets non gérés.
Shayn Sinnassamy plaide pour une approche axée sur le recyclage, afin de réduire la pression sur les infrastructures existantes.
De son côté, Avinash Venkamah, consultant en environnement, s’interroge sur la manière dont les habitants pourront gérer leurs bulkywaste pendant près de huit mois.
Avinash Venkamah estime qu’il est urgent d’identifier d’autres sites temporaires pour éviter une dégradation accrue de l’environnement.
Ces inquiétudes s’inscrivent dans un contexte où la gestion des déchets reste un défi majeur. En novembre dernier, le ministre Rajiv Woochit a annoncé la mise en place d’un système national de tri dès 2027. Alors que le ministre de l’Environnement, Rajesh Bhagwan, a rappelé que Maurice produit plus de 500 000 tonnes de déchets par an, dont seulement 5 % sont recyclés, appelant à mettre fin au gaspillage. Deux centres de gestion des déchets devraient ouvrir d’ici 2027 pour éviter la saturation de Mare Chicose.