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Sahil Jeemon: Le 09/02/2026 à 09:40 | MAJ à 09/02/2026 à 09:42
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Publié : Le 09/02/2026 à 09:40 | MAJ à 09/02/2026 à 09:42

Les tensions au sein de l’Alliance du Changement se multiplient. Hier, lors de son allocution à l’occasion des célébrations du 60ᵉ anniversaire du Gahlot Rajput Maha Sabha, à Bell-Village, le Premier ministre a admis que des divergences existent au sein de l’exécutif, y compris au niveau du Conseil des ministres. Une déclaration rare, dans un contexte politique déjà marqué par des frictions croissantes entre partenaires de l’Alliance.

Tout en reconnaissant ces désaccords, le chef du gouvernement a tenu à rappeler que l’action gouvernementale doit demeurer guidée par l’intérêt général, appelant implicitement à la retenue et à la responsabilité collective.

Ces déclarations interviennent alors que les tensions se sont accentuées ces dernières semaines, notamment à la suite d’un verdict rendu par le tribunal de district de Port-Louis dans une affaire opposant la Mauritius Revenue Authority (MRA) à une société de freight. La compagnie a été reconnue coupable de déclarations frauduleuses portant sur la valeur de marchandises importées de Chine, une infraction relevant de la législation douanière et fiscale.

Selon nos informations, un ministre en exercice serait l’un des directeurs de cette entreprise. Si le jugement émane du pouvoir judiciaire, indépendant par nature, il aurait néanmoins suscité un malaise au sein de l’exécutif. Des voix discordantes, en interne, évoqueraient même la possibilité d’une démission du ministre concerné, une hypothèse qui n’a toutefois fait l’objet d’aucune confirmation officielle à ce stade.

Parallèlement, la réunion élargie du Parti Travailliste, tenue la semaine dernière dans la circonscription n°5, a mis en lumière un mécontentement latent au sein du parti. Des intervenants ont interpellé la direction sur des nominations dans des institutions clés.

Selon des sources concordantes, les questions soulevées n’auraient pas reçu de réponses claires, l’assistance évitant certains points sensibles. Une situation qui alimente le sentiment d’un manque de communication interne, à un moment où l’unité de la majorité apparaît fragilisée.

Dans ce climat tendu, la prise de position du Deputy Prime Minister, Paul Bérenger, est très attendue. Figure clé de la coalition et baromètre de l’équilibre interne de l’Alliance du Changement, son silence est interprété par certains comme stratégique, par d’autres comme révélateur de la délicatesse du moment.

De son côté, le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, s’efforce de désamorcer les tensions. Il a réaffirmé que la liberté d’expression demeure un pilier fondamental de son administration, la qualifiant d’« acquis précieux pour la population ». En appelant à dépasser les divergences pour faire de l’action gouvernementale un moteur de force collective, le chef du gouvernement cherche visiblement à reprendre l’initiative politique.

Reste à savoir si cet appel à l’unité suffira à contenir des fractures qui, désormais, ne se limitent plus aux coulisses du pouvoir.