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Shane: Le 29/01/2026 à 08:02 | MAJ à 29/01/2026 à 08:33
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Publié : Le 29/01/2026 à 08:02 | MAJ à 29/01/2026 à 08:33
Par : La Redaction

Le Premier ministre britannique Sir Keir Starmer a confirmé mercredi 28 janvier, depuis Londres et au cours d’échanges diplomatiques avec Washington, que le Royaume-Uni a rouvert les discussions avec les États-Unis au sujet de l’accord sur les Chagos, suite aux critiques publiques sévères de Donald Trump contre le projet de transfert de souveraineté à Maurice.  

Cette reprise de contact intervient après une période d’incertitude diplomatique : Trump avait qualifié l’accord anglo-mauricien de « grande stupidité » et de signe de faiblesse, malgré un soutien initial de hauts responsables américains l’année dernière. Londres tente désormais de rassurer Washington sur l’importance stratégique du traité pour la sécurité conjointe, notamment autour de la base militaire de Diego Garcia, essentielle aux opérations US-UK dans l’océan Indien.  

Parallèlement, au plan interne britannique, le Parlement reste bloqué : des pairs conservateurs ont forcé Starmer à retirer temporairement le projet de loi de ratification à la Chambre des Lords, arguant que le texte devrait d’abord être clarifié au regard d’un traité anglo-américain de 1966 et des impératifs de sécurité.  

Un contexte juridique qui favorise Maurice

Mais ces turbulences politiques n’émoussent en rien la force juridique de la position mauricienne, qui repose désormais sur un acquis solide au plan international. Aux Nations unies, Maurice a fait valoir un principe fondamental du droit international : un territoire colonial ne peut être démantelé par la puissance administrante avant l’indépendance.  

Ce principe a été au cœur de l’argumentation de Maurice devant l’Assemblée générale des Nations unies et devant les organes judiciaires internationaux. Les avis consultatifs de la Cour internationale de Justice et les résolutions de l’ONU ont conclu que la séparation de l’archipel des Chagos de Maurice avant l’indépendance en 1968 était contraire au droit à l’autodétermination.  

C’est ce fondement qui a permis à Maurice d’obtenir un vote massif à l’Assemblée générale de l’ONU en sa faveur, reconnaissant que le processus de décolonisation était incomplet tant que le territoire restait sous administration britannique.  

Pourquoi l’accord de 1966 ne suffit pas

Les critiques internes à Londres invoquent parfois un accord anglo-américain de 1966 sur l’utilisation de Diego Garcia. En réalité, ce traité ne saurait prévaloir sur un principe de droit général : un traité bilateral ne peut supprimer ou diminuer les droits d’un État tiers sans son consentement. Maurice n’était pas partie à cet accord.  

De plus, l’accord de 1966 se base sur une réalité coloniale désormais déclarée illégale au regard du droit international. En conséquence, la clause de ce traité devient juridiquement caduque, car elle s’appuie sur une situation qui a été jugée contraire au droit à l’autodétermination — le même droit qui motive aujourd’hui la revendication et la reconnaissance de la souveraineté mauricienne.  

Un équilibre diplomatique délicat

Les déclarations de Starmer auprès de la presse et des diplomates confirment que le gouvernement britannique cherche à éviter une rupture ouverte avec Washington, alors qu’il doit aussi gérer une opposition interne hostile à l’accord.  

Mais ce jeu d’équilibres — entre pression politique, impératifs stratégiques et exigences juridiques — ne change pas la trajectoire juridique fondamentale : la souveraineté des Chagos appartient à Maurice. Cette réalité est aujourd’hui inscrite dans la pratique et la doctrine internationales.

Conclusion

Si la date de ratification à Westminster reste incertaine, le fond du dossier n’a pas changé : l’acquis mauricien aux Nations unies, fondé sur des principes solides de droit international, demeure irréversible. Ni une polémique politique britannique, ni des critiques de dirigeants étrangers ne peuvent remettre en cause cette réalité juridique. Ce qui se joue désormais est un débat diplomatique et stratégique, pas une relecture du droit