Air Mauritius ne pourra pas reprendre ses vols vers l’aéroport de Londres-Heathrow avant avril 2027 en raison de contrats de location de créneaux horaires toujours en vigueur. C’est ce qu’a révélé le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, dans une réponse écrite soumise au Parlement.
Le chef du gouvernement a précisé que les trois paires de créneaux historiques détenues par la compagnie nationale à Heathrow sont actuellement louées à Qatar Airways. Ces accords génèrent environ 881 000 dollars américains de revenus annuels, mais empêchent toute reprise immédiate des opérations sur cet aéroport stratégique, malgré la volonté exprimée par le nouveau gouvernement d’y retourner rapidement.
Air Mauritius avait transféré ses vols vers Londres-Gatwick à la fin du mois d’octobre 2023. Un choix qui s’est avéré lourd de conséquences financières. Selon les chiffres communiqués au Parlement, la ligne a enregistré une perte d’environ 920 millions de roupies entre octobre 2023 et mars 2024. Pour l’exercice financier 2024-2025, les pertes sont estimées à 1,7 milliard de roupies, portant le déficit cumulé à près de 2,6 milliards de roupies à fin mars 2025.
Face à ces résultats jugés préoccupants, la compagnie a réduit ses fréquences vers Gatwick, passant de vols quotidiens à cinq rotations hebdomadaires à partir de mai 2025. Actuellement, Air Mauritius opère cette liaison avec un Airbus A350-900 et se retrouve en concurrence directe avec British Airways, qui dessert Maurice trois fois par semaine depuis Heathrow avec un Boeing 777-200ER.
Le transfert vers Gatwick avait été approuvé par l’ancien conseil d’administration sur la base de recommandations formulées par le cabinet CAPA Consulting, rémunéré près de 929 000 dollars pour plusieurs études stratégiques menées entre 2018 et 2020. À l’époque, Heathrow était considéré comme un marché à faible potentiel de croissance pour Air Mauritius, la compagnie y étant limitée à trois vols hebdomadaires et confrontée à des coûts d’exploitation plus élevés.