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Sahil Jeemon: Le 06/02/2026 à 16:26 | MAJ à 06/02/2026 à 16:28
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Publié : Le 06/02/2026 à 16:26 | MAJ à 06/02/2026 à 16:28
Par : Dooshina Appigadu

En mission officielle à Maurice, la ministre malgache de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, conduit une délégation de quatorze membres comprenant magistrats et enquêteurs du Bureau indépendant anti-corruption (BIANCO). Cette visite intervient dans un contexte régional marqué par la multiplication des affaires de criminalité économique transfrontalière et vise à renforcer la collaboration entre Antananarivo et Port-Louis en matière d’enquêtes financières.

Durant ce déplacement, plusieurs réunions techniques ont été programmées avec des institutions mauriciennes clés, notamment l’Attorney General et la Financial Crimes Commission (FCC). Les échanges ont porté sur les mécanismes d’entraide judiciaire, les procédures d’investigation financière et le partage d’informations dans les dossiers sensibles impliquant des flux financiers suspects entre les deux juridictions.

Cette mission intervient alors que l’homme d’affaires malgache Mamy Ravatomanga fait l’objet de procédures judiciaires à Maurice, menées par la FCC. Il est visé par des enquêtes portant sur des soupçons de blanchiment d’argent et de fraude économique, tant à Maurice qu’à Madagascar, et fait également l’objet d’une notice d’arrestation internationale. Selon les informations disponibles, les autorités mauriciennes poursuivent leurs investigations de manière indépendante, tandis que Madagascar prépare parallèlement le traitement judiciaire du dossier sur son territoire, conformément aux cadres légaux en vigueur.

La ministre Fanirisoa Ernaivo a clairement exprimé la volonté de Madagascar d’obtenir l’extradition de Mamy Ravatomanga une fois les procédures judiciaires en cours à Maurice complétées. Dans cette optique, des enquêteurs malgaches ont été dépêchés sur place afin de suivre l’évolution du dossier et d’approfondir les investigations à travers des commissions rogatoires internationales et les dispositifs d’entraide judiciaire, dans le respect strict des législations locales.

Au-delà du dossier Ravatomanga, la visite de la délégation malgache s’inscrit dans une démarche plus large visant à consolider la coopération judiciaire bilatérale, intensifier la lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent, et sécuriser les investissements entre les deux pays. Les discussions portent également sur des questions humanitaires et judiciaires, notamment le transfert éventuel de détenus souhaitant purger leur peine à Madagascar ainsi que la prise en charge de travailleurs migrants victimes de traite humaine. Plusieurs autres dossiers sensibles font par ailleurs l’objet d’examens approfondis.