En marge d’une mission officielle effectuée à l’île Maurice cette semaine, la ministre malgache de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, a clarifié la position de Madagascar concernant le dossier de l’homme d’affaires malgache, Mamy Ravatomanga, au cœur de plusieurs enquêtes à caractère financier. Contrairement aux rumeurs persistantes, aucune demande d’extradition immédiate n’a été formulée, l’État malgache affirmant attendre l’achèvement des enquêtes et procédures judiciaires en cours à Maurice avant d’envisager toute démarche formelle.
S’exprimant dans un entretien accordé vendredi dernier à la presse mauricienne, la Garde des Sceaux malgache a précisé que des enquêteurs malgaches ont été dépêchés à Maurice afin de suivre l’évolution du dossier et de poursuivre les investigations par le biais de commissions rogatoires internationales et des mécanismes d’entraide judiciaire, dans le strict respect des procédures locales et des garanties légales.
La mission de la délégation malgache, conduite par la ministre Fanirisoa Ernaivo, s’inscrit plus largement dans une volonté de renforcer la coopération judiciaire entre Madagascar et Maurice, notamment dans la lutte contre la corruption, le blanchiment d’argent et les infractions financières transnationales. Elle vise également à sécuriser les investissements mauriciens et malgaches, dans un contexte régional marqué par des flux financiers complexes et une vigilance accrue des autorités judiciaires.
Le ministère de la Justice malgache a tenu à démentir catégoriquement les rumeurs selon lesquelles la ministre aurait offensé le gouvernement mauricien lors de sa visite. Ces allégations sont qualifiées de « totalement infondées », l’entretien ayant eu pour seul objectif d’informer le public sur l’état d’avancement des dossiers judiciaires transnationaux et d’exposer la position officielle de l’État malgache.
Selon les précisions apportées, les faits reprochés à Mamy Ravatomanga concernent exclusivement des infractions financières, notamment des détournements de fonds publics, des faits de blanchiment, de fraude et des affaires à dimension transnationale. Les enquêtes impliquent plusieurs juridictions, dont Madagascar, Maurice, la France, les États-Unis, ainsi que d’autres pays.
Une commission rogatoire internationale a déjà été transmise aux autorités mauriciennes, tandis qu’une équipe d’enquêteurs malgaches travaille en étroite collaboration avec leurs homologues mauriciens afin de garantir le respect des droits de la défense et du principe du contradictoire. Le rapatriement éventuel de fonds ou de biens mal acquis, le cas échéant, se fera strictement conformément au droit international et uniquement après la clôture des procédures judiciaires.
Face aux accusations suggérant une instrumentalisation politique du dossier, la ministre Fanirisoa Ernaivo a rappelé que la justice s’applique indépendamment des opinions ou du passé politique des personnes concernées. Une infraction pénale, a-t-elle souligné, repose sur des éléments légaux, matériels et intentionnels, et relève exclusivement du droit et de la continuité de l’État.
Évoquant le contexte interne malgache, la Garde des Sceaux a indiqué que les récentes manifestations observées dans le pays sont liées à des problèmes structurels, notamment l’accès à l’eau et à l’électricité, la vétusté des infrastructures et des défaillances de gouvernance. Des mesures provisoires ont été mises en œuvre, parallèlement à des réformes durables et transparentes destinées à garantir les droits fondamentaux.
La ministre a également confirmé que la Constitution de 2010 demeure en vigueur à Madagascar et que des élections démocratiques seront organisées dans un délai de 24 mois, accompagnées d’une refonte totale des listes électorales ainsi que de réformes des lois et textes encadrant le processus électoral.
L’entretien accordé à la presse mauricienne réaffirme, selon le ministère de la Justice malgache, la volonté du gouvernement de lutter contre l’impunité, de garantir une justice indépendante et équitable, de renforcer la coopération internationale et de protéger les droits fondamentaux des citoyens.
Enfin, le ministère assure rester attaché à une communication transparente, factuelle et responsable, afin que l’opinion publique, tant à Madagascar qu’à l’étranger, soit correctement informée des enjeux et de l’évolution de ce dossier sensible.