Dans son rapport, le Directeur de l’Audit affirme aussi que la procédure, pour l’achat de trois injections, a été faite dans le mépris total de la loi. Un chapitre spécial est accordé au ministère de la Santé qui est accusé de non-respect de la loi. En ce qui concerne l’achat de comprimés de Molnipiravir et d’injections de Tocilizumab, l’Audit souligne que les deux grossistes qui ont fourni ces deux médicaments à la Santé n’avaient pas l’autorisation de les importer.

Charanjivsingh Romooah ne passe pas par quatre chemins. En ce qui concerne l’approvisionnement en urgence de comprimés de Molnupiravir et d’injections de Tocilizumab, le ministère de la Santé n’a pas respecté les provisions légales. Ces deux médicaments ont été achetés auprès d’un grossiste pour la somme de Rs 101,3 millions. Cela, alors que c’est la première fois que le ministère a affaire à cette compagnie.

Le rapport de l’Audit souligne aussi que le ministère n’a pas respecté ses propres procédures en ce qui concerne l’approvisionnement en urgence. Le document précise que sans que des parties clés ne soient consultées, le ministère a acheté 2 millions de comprimés de Molnupiravir alors que le consultant en charge avait demandé 1,2 million seulement.

L’audit précise que les conditions incluses dans la letter of award et concernant la fourniture n’ont pas été respectées. Car la durée de conservation des comprimés était inférieure à 18 mois. D’ailleurs, ces médicaments ont été livrés avant même l’octroi du contrat.

Mais il y a encore mieux. Selon l’Audit, les deux pharmacies grossistes qui ont fourni du Tocilizumab et du Molnupiravir n’avaient pas l’autorisation d’importer ces deux médicaments. De plus, des offres non-sollicitées ont été acceptées de ces deux pharmacies grossistes malgré les prix proposés. Cela, alors que des fournisseurs habituels du ministère ont déjà proposé ces mêmes médicaments à des prix très bas.

L’Audit rappelle que le Molnupiravir a été acheté à Rs 79,92 l’unité alors qu’une autre pharmacie grossiste avait proposé Rs 9,30 l’unité.

L’Audit soutient aussi que la procédure d’achat de plusieurs injections, notamment le RoActemra, le Tigecycline et le Ronapreve, a été faite dans le mépris total de la loi.

Le Directeur de l’Audit conclut que le Chief Executive Officer d’un organisme public a le devoir de s’assurer que le recours à la procédure d’achat en urgence est fait dans des situations d’urgence et non là où la procédure normale peut s’appliquer. Il doit aussi s’assurer que les contrats, en urgence, soient alloués à des fournisseurs qui ont la réputation de fournir ces produits et que les prix proposés sont raisonnables.

Dans le cas présent, selon l’Audit, les règlements n’ont pas été respectés… tout comme les procédures établies. De plus, le ministère n’a pas obtenu value for money en ce qui concerne l’achat des comprimés de Molnupiravir, des injections de Tocilizumab ainsi que d’autres médicaments liés à la Covid-19.

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