Le président chinois Xi Jinping est arrivé hier, mercredi, en Arabie saoudite, rapportent les médias officiels chinois, pour ce que Pékin présente comme sa plus importante initiative diplomatique dans le monde arabe, au moment où Riyad cherche à diversifier ses alliances. Le rapprochement entre la Chine, deuxième économie mondiale, et l’Arabie saoudite, premier producteur mondial de pétrole.
Le rapprochement entre la Chine 0et l’Arabie se produit dans un contexte de tensions entre Riyad et Washington depuis l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, mais aussi plus récemment de la décision de l’Opep+ de réduire sa production de brut pour soutenir les prix dans le contexte de la guerre en Ukraine.
Le prince héritier Mohamed ben Salman, que Joe Biden avait promis de traiter en “paria” en raison de sa responsabilité présumée dans l’assassinat de Khashoggi en Turquie, avant de se raviser, a prévu d’accueillir Xi Jinping en grande pompe, contrairement au traitement qu’il avait réservé au président américain lors de sa visite à Riyad en juillet.
Selon la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Xi Jinping doit avoir des entretiens bilatéraux avec les responsables saoudiens et les dirigeants des six pétromonarchies du Conseil de coopération du Golfe.
Le président chinois assistera également à un sommet des dirigeants arabes, qui marquera “une étape historique dans l’histoire du développement des relations sino-arabes” et dont Pékin espère qu’il enverra un message fort “d’unité et de coopération”, a ajouté la porte-parole, Mao Ning.
Pour l’Arabie saoudite, agacée par les critiques américaines sur le respect des droits de l’Homme et le désengagement de Washington au Proche-Orient, notamment face à l’Iran, le rapprochement avec la Chine permet de développer des liens économiques sans contreparties.
“Pékin n’impose pas à ses partenaires des exigences ou des attentes politiques et s’abstient de s’ingérer dans leurs affaires intérieures”, résume l’éditorialiste saoudien Abdoulrahmane Al Rashed dans les colonnes du journal Asharq Al Awsat.
Contrairement aux États-Unis, la Chine entretient de bonnes relations avec l’Iran, auquel elle achète aussi du pétrole, et n’a jamais cherché à peser ouvertement sur la sécurité dans la région, y compris quand Téhéran a ouvertement menacé de bombarder les puits de pétrole saoudien.
Mais Riyad trouve son compte dans le développement d’une relation économique privilégiée avec Pékin, dont elle est le premier fournisseuse de pétrole. Selon l’agence officielle saoudienne SPA, la Chine devrait signer des contrats d’une valeur de 30 milliards de dollars pendant la visite de Xi Jinping.
Malgré les réticences exprimées par Washington, l’Arabie saoudite et ses voisins du Golfe entendent donc poursuivre le renforcement de leurs liens avec Pékin, notamment dans le domaine des infrastructures et de la technologie, dans le cadre de la politique de diversification de leur économie en prévision de la fin de l’ère des énergies fossiles.

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