Ce 16 novembre restera gravé dans l’histoire de l’agence américaine : après plus d’une décennie de développement et plusieurs reports, le Space Launch System (SLS) a réussi son premier décollage il y a quelques heures. La mission Artemis I est en transit pour la Lune, et signe dans les premières heures un succès déterminant pour la NASA.

Floride. Après 7 années de développement, 2 ans de production et d’assemblage, presque une année de tests avant l’arrivée sur la Space Coast, puis plusieurs mois de tentatives de décollage, le soulagement de l’ensemble des équipes était palpable lorsque le centre de contrôle a annoncé les dernières minutes du compte à rebours. La dernière nuit elle-même n’aura pas été des plus calmes. Dans la soirée du 15 novembre, le centre de contrôle a autorisé le remplissage des réservoirs, étape particulière car lors des tentatives précédentes, les équipes au sol avaient détecté plusieurs fuites… Notamment sur les lignes d’approvisionnement en hydrogène (les 4 moteurs principaux RS-25 sont alimentés en oxygène et hydrogène liquides). Cette fois le remplissage a bien eu lieu, mais il a fallu plusieurs interventions.
…Et quelques frayeurs avant le décollage.
En particulier, la NASA a autorisé la « red team », une équipe spécialisée, à intervenir sur la structure de lancement pour vérifier et resserrer manuellement une vanne suite à la détection d’une nouvelle petite fuite. Une manœuvre dangereuse, mais réussie ! Plus tard, la NASA a également souffert d’un problème de connexion Ethernet qui a été remplacé, puis de vérifications nécessaires sur le système de sauvegarde de la fusée, qui permet de la détruire à distance si jamais elle dévie de sa trajectoire. Mais après le retour de la « red team » et la fin du remplissage des réservoirs, les équipes n’ont plus soulevé publiquement aucun problème. Il y avait encore suffisamment de travail pour décaler le tir cependant. La séquence, amplement automatisée, a pu arriver à son terme… Et dans un moment d’incrédulité, d’excitation partagée et de formidable spectacle, le Space Launch System a allumé ses 4 moteurs centraux. Quatre secondes plus tard, les deux boosters auxiliaires à poudre s’allumaient à leur tour, et Artemis I fonçait à travers le ciel clair de Floride.
SLS est l’un des plus puissants lanceurs à s’être jamais élancé vers l’orbite, pourtant son rapport entre masse et poussée est bien plus important que pour l’iconique Saturn V qui partait du même site… Aussi SLS a-t-elle bien plus vite déchiré le ciel, dans le crépitement intense de ses boosters. La météo clémente a même permis au très large public sur place (plusieurs dizaines de milliers de spectateurs) d’observer en détail l’éjection de ces boosters après 2 minutes et 12 secondes de vol. Un véritable show pyrotechnique, qui a fini par masquer l’image de l’étage central, qui pour sa part a foncé vers l’orbite, pour s’éteindre enfin après 8 minutes et 20 secondes. L’éjection de l’étage supérieur a donc eu lieu en quasi-orbite (apogée à 1800 km), donnant le temps à la capsule Orion, toujours attachée au propulseur, d’étendre ses quatre panneaux solaires. Un déploiement délicat observé avec excitation par les équipes de l’ESA et d’Airbus Defence & Space en particulier, puisque c’était l’une des premières tâches dévolues au module de service livré par les européens sur cette mission américaine.

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