“Qu’il retourne en Afrique”, avait lancé Grégoire de Fournas jeudi dans l’hémicycle”
À la suite de ces propos jugés “racistes”, le député RN Grégoire de Fournas a été sanctionné d’une censure avec exclusion temporaire, la sanction la plus lourde prévue par le règlement de l’Assemblée nationale.
La sanction a été approuvée par un vote assis-debout dans l’hémicycle, sur proposition unanime du bureau de l’Assemblée, sa plus haute instance collégiale, qui a entendu le député et délibéré pendant près de deux heures. Marine Le Pen avait quitté la réunion avant le vote du bureau, jugeant qu’il s’agit d’une procédure “où on est jugé par ses adversaires politiques” pour ses “idées politiques”. Seuls les députés RN se sont levés contre la sanction dans l’hémicycle.
“Le libre débat démocratique ne saurait tout permettre”
L’élu se retrouve ainsi privé de la moitié de l’indemnité parlementaire pendant deux mois et interdit de prendre part aux travaux du Palais Bourbon ou de s’y rendre, “jusqu’à l’expiration du quinzième jour de séance qui suit celui où la peine a été prononcée”. La présidente Yaël Braun-Pivet a tenu à revenir sur le “grave incident” qui a conduit à cette sanction : “Que chacun mesure bien ce que cela signifie, cette sanction n’a été prononcée qu’une seule fois depuis 1958. Le libre débat démocratique ne saurait tout permettre. Certainement pas l’invective, l’insulte… Certainement pas le racisme, quelle qu’en soit la cible. Il est la négation des valeurs républicaines qui nous rassemblent dans cet hémicycle”, dit-elle, largement applaudie.
Soulignons que lors des Questions au gouvernement, jeudi, le député RN a lancé “qu’il(s) retourne(nt) en Afrique”, retranscrit au signulier dans le compte rendu de séance, alors que le député LFI Carlos Martens Bilongo interpellait l’exécutif sur sa politique migratoire. La Nupes et le camp présidentiel Renaissance (ex-LREM) avaient plaidé pour cette sanction, à la suite de ces propos qui ont suscité une vague d’indignation, provoquant une interruption de la séance par la présidente Yaël Braun-Pivet. Une décision rarissime, en raison de la “gravité des faits” et de “l’émotion légitime”.

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