Dans le cadre de l’Immigration Bill présenté et voté en juillet dernier, des amendements avaient aussi été apportés à la Mauritius Citizenship Act. Selon les nouvelles provisions, celui qui occupe le poste de Premier ministre, donc à l’instant présent Pravind Jugnauth, a un pouvoir totalement discrétionnaire pour enlever la citoyenneté de tous ceux qui ont acquis la nationalité mauricienne à travers l’enregistrement ou la naturalisation. Des amendements qui avaient soulevé un tollé mais qui ont quand même été votés. Lindsey Collen, un des dirigeants du parti politique Lalit, une Sud-africaine de naissance et qui a obtenu la nationalité mauricienne, conteste ces amendements, qu’elle qualifie d’anticonstitutionnels dans une plainte déposée vendredi en Cour suprême.

Lindsey Collen Seegobin est une Sud-africaine de naissance de parents d’origine anglaise et écossaise. En 1973, elle a épousé le Dr. Ram Seegobin, un Mauricien, à Londres. En 1974, le couple s’est est établi de façon permanente à Maurice. Dans sa plainte, Lindsey Collen affirme avoir pris des leçons de créole et soutient qu’en l’espace de six mois, elle est parvenue à comprendre et parler le langage mauricien couramment.

Lindsey Collen explique que le 27 mai 1986, elle a fait une application pour obtenir la nationalité mauricienne et que le 15 septembre 1986, elle a été enregistrée comme citoyenne mauricienne, tout en renonçant à sa nationalité britannique.

Dans sa plainte, Lindsey Collen Seegobin, fait part également de ses différentes contributions sur le plan politique, social et éducatif à Maurice.

Elle a aussi été candidate à six élections générales, deux élections partielles et deux élections municipales.  Ainsi, la plaignante revient sur la section 11(8) de la Mauritius Citizenship Act 2022 qui donne des pouvoirs discrétionnaires au Premier ministre qui peut sans donner aucune raison lui enlever sa citoyenneté.

Elle affirme que donner des pouvoirs pareils à un Premier ministre relève à de l’absolutisme, ce qui est contraire même à l’essence d’une démocratie. Lindsey Collen soutient aussi que la nouvelle loi la prive de son droit de contester si jamais le Premier ministre décide de lui enlever sa citoyenneté car ce dernier n’a pas à donner de raisons. Elle affirme que l’amendement à la Mauritius Citizenship Act viole la section 15(1) de la constitution, qui stipule qu’elle peut habiter n’importe ou à Maurice, qu’elle a le droit le rentrer et quitter le pays et qu’elle bénéficie aussi d’une immunité qu’elle ne peut pas être expulsée du pays.

Ainsi, Lindsey Collen affirme que sous le prétexte de l’ordre public, le Premier ministre ne peut pas se doter de pouvoirs qui lui permettent d’enlever la citoyenneté des époux étrangers des Mauriciens. Elle affirme que cela va à l’encontre des droits humains et constitutionnels et demande à la Cour de faire une déclaration à cet effet.

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