Le président américain Joe Biden a déclaré que son administration faisait tout ce qui était en son pouvoir pour lutter contre l’inflation, rejetant la responsabilité de la hausse des prix sur les compagnies pétrolières et maritimes, alors que de nouvelles données montrent que les prix à la consommation ont atteint un sommet jamais connu ces 40 dernières années aux États-Unis. Il a parlé d’une hausse de 1000 % du fret entre l’Asie et les États-Unis.

Lors d’un discours au port de Los Angeles hier, vendredi, Biden a aussi déclaré que les compagnies pétrolières n’augmentaient délibérément pas leur production pour maintenir les prix élevés.

“Ces entreprises ont augmenté leurs prix jusqu’à 1000%” a critiqué le président américain dans une vidéo, exhortant la Chambre des représentants à adopter une loi contraignante.
Faut-il blâmer les compagnies de fret maritime pour l’inflation qui frappe le monde entier? Joe Biden a d’ores et déjà choisi son camp. Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, le président des États-Unis a appelé la Chambre des Représentants à adopter une loi déjà passée au Sénat fin mars.

“Il n’y a que neuf compagnies maritimes (…) qui expédient de l’Asie aux États-Unis”, a déclaré Biden. “Ces entreprises ont augmenté leurs prix jusqu’à 1000%.” Il discutait alors avec des entrepreneurs américains pris à la gorge par l’explosion des prix du fret.
La loi qu’il espère voir adoptée permettrait de multiplier les enquêtes contre ce cartel, accusé d’être anticoncurrentiel et de réaliser des profits astronomiques. Par exemple, l’armateur français CMA CGM a en affiché un spectaculaire bénéfice net de 7,2 milliards de dollars au premier trimestre 2022.

Après l’énorme coup d’arrêt du début de la pandémie en 2020, le transport maritime est reparti très fort mais la demande a créé de sérieux embouteillages et des hausses de prix énormes sur le transport des conteneurs. De la même façon, la guerre en Ukraine a suspendu les transports ferroviaires et rallongé les liaisons aériennes.

De 3000 dollars environ pour transporter un conteneur de 40 pieds de l’Asie vers l’Europe avant la crise sanitaire, on était monté à 15.000 dollars, avant de redescendre autour de 12.000.

Encore des années de difficulté
Une baisse en trompe-l’œil, liée aux restrictions anti-Covid à Shanghai, qui a paralysé le port.

“Shanghai est une sorte de thermomètre du commerce international”, détaille à l’AFP Arthur Barillas, directeur général du commissionnaire de transport Ovrsea. “Les activités vont reprendre à plein, ce qui va re-déclencher une dynamique haussière des taux de fret, une contraction de l’espace disponible dans les bateaux en raison de la plus forte demande (…) et beaucoup de congestion dans les ports.”
En outre, des nouvelles normes entrant en vigueur le 1er janvier 2023 pour limiter les émissions de gaz toxiques “vont mettre une pression très forte sur les capacités”, prévient-il. Seuls 55% de la flotte mondiale sont aux futures normes, et certains vieux bateaux qui avaient été remis à l’eau pour répondre à la demande ces derniers mois ne pourront plus naviguer.

“Ca va être un joyeux bazar cet été et à la rentrée”, avec un effet inflationniste à attendre, résume Arthur Barillas. La flambée des coûts logistiques a déjà fait passer ce poste de 1 à 7% du chiffre d’affaires d’un de ses clients du CAC40, remarque-t-il pour donner un ordre d’idées.

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