C’est une première mondiale dans le domaine de la médecine qui sauve une vie, mais qui pose de nombreuses questions. Un homme de 57 ans a survécu à une greffe de cœur de porc. Des médecins américains lui ont greffé un cœur de porc génétiquement modifié. Une technique qui pourrait changer le monde de la transplantation d’organe. “C’est une avancée majeure”, estime Alain Le Moine, chef de service néphrologie à l’hôpital Erasme.
Pourquoi le cœur d’un porc ?
Selon cet expert en la matière, cette greffe a été réalisée avec un cœur de porc pour deux raisons bien particulières. “Parce que le cochon présente plusieurs avantages. D’une part, son élevage est facile, sa génétique est maintenant de plus en plus connue, ce qui permet de modifier génétiquement le cochon, de lui ajouter ou de lui enlever certains antigènes ou gènes qui sont impliqués dans la régulation de la réponse immunitaire du receveur. Et d’autre, c’est aussi une question de taille. Le corps d’un cochon adulte correspond aux critères anatomiques des organes que l’on greffe à des adultes humains”, explique Alain Le Moine.
On a vraiment franchi un cap qui ouvre la voie à la transplantation d’organes en pénurie.
Pour le chef de service, cette transplantation ouvre des perspectives réjouissantes pour les malades en attente de greffe. Et ce pour l’ensemble des organes transplantés. “Je vous rappelle qu’au mois d’octobre il y a eu une première greffe de rein de cochon dans un humain décédé. C’était plus une preuve de concept. Là, on avait démontré que ce rein pouvait passer le cap du rejet super aigu par l’absence des sucres qui entraînaient cette réaction médiée par des anticorps très rapides après la greffe. Là je pense que l’on a vraiment franchi un cap tout à fait significatif qui ouvre la voie à la transplantation d’organes qui sont actuellement en pénurie”, assure Alain Le Moine.
“Comme vous le savez, aux États-Unis, il y a plusieurs centaines de milliers de patients qui attendent une greffe d’organe et parmi ceux-là certains décèdent parce qu’il n’y a pas d’organe disponible. Si tout cela continue à bien fonctionner, on aurait une solution absolument extraordinaire”, ajoute le spécialiste.

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