Le vaccin VLA2001 mis au point par le laboratoire Valneva, une “biotech” française “spécialisée dans la prévention des maladies engendrant des besoins médicaux importants ou non satisfaits”, est un vaccin à virus inactivé. Il se démarque des vaccins ARN (Comirnaty de Pfizer-BioNTech et COVID-19 Vaccine Moderna) ou à vecteur viral (AZD1222 de AstraZeneca et Ad26.COV2.S de Janssen) par le recours à un procédé (ou plateforme) plus ancien et éprouvé, déjà utilisé dans plusieurs vaccins à usage humain tels ceux de la poliomyélite, de l’hépatite A, de la rage ou de la grippe. Valneva produit déjà, selon le même procédé, le vaccin anti-encéphalite japonaise Ixiaro, autorisé par les principales agences du médicament internationales (EMA pour l’Union européenne, MHRA pour le Royaume-Uni et FDA pour les Etats-Unis) depuis plus de 10 ans.

VLA2001 est composé du coronavirus responsable de la covid 19, le SARS-CoV-2, cultivé sur cellules Vero (des cellules mises au point et contrôlées pour éviter toute contamination du vaccin par un autre agent). Le virus produit est concentré, “tué” par action d’un agent chimique, la β-propiolactone, puis purifié. Pour induire une immunité efficace et durable, un virus inactivé doit être associé à des adjuvants. A la suite des essais effectués chez l’animal (essais précliniques), c’est une association de deux adjuvants, l’hydroxyde d’aluminium et le CpG 1018, qui a été choisie. Cette association a permis d’obtenir le meilleur taux d’anticorps neutralisants et d’orienter la réponse immune vers une composante cellulaire Th1, plus protectrice.

Alors que l’aluminium et ses sels sont utilisés de longue date dans les vaccins et ont démontré leur efficacité et leur innocuité, le CpG 1018 est un nouvel adjuvant mis au point par la société Dynavax, qui n’a que récemment été autorisé par la FDA dans la composition du vaccin HEPLISAV-B, disponible aux Etats Unis. Une demande d’autorisation de ce vaccin a été examinée par l’EMA, dont le comité chargé des produits médicaux à usage humain (CHMP) a donné un avis favorable le 10 décembre 2020.

L’adjuvant CpG 1018 est composé des bases C (cytosine) et G (guanine) que l’on trouve dans l’ADN. Naturellement, les dinucléotides CpG sont rares dans l’ADN humain ; ils sont surtout présents dans l’ADN des bactéries, et ils ont pour effet de provoquer une réponse immune chez les mammifères. Cet effet passe par des récepteurs cellulaires spécifiques (TLR-9) dont l’activation déclenche une réponse dite innée, suivie d’une réponse adaptative au cours de laquelle sont produits les anticorps et les cellules cytotoxiques. Associé au virus inactivé (l’antigène), CpG 1018 amplifie ainsi la réponse immune en activant préférentiellement les cellules de type CD4+/Th1 associées à un effet protecteur (voir l’actualité “Covid 19 et immunité” du 10 décembre 2020).

Le vaccin VLA2001 est entré en phase d’essai clinique le 16 décembre 2020. Il s’agit du premier essai mené chez l’homme, de phase 1/2, destiné à évaluer l’innocuité, la tolérance et l’immunogénicité du vaccin sur 150 volontaires sains âgés de 18 à 55 ans. L’étude a été conçue pour tester 3 doses différentes de vaccin, chacune devant être administrée deux fois à 21 jours d’intervalle. Les résultats sont attendus pour avril 2021.

Le vaccin VLA2001 devrait pouvoir être conservé entre 2 et 8 °C. Si les essais de phase 1/2 en cours, puis de phase 3, sont concluants, Valneva espère solliciter une autorisation de mise sur le marché (AMM) au mois d’octobre 2021. Les procédés éprouvés utilisés pour la fabrication devraient simplifier l’évaluation par les autorités de santé. D’ici là, le vaccin aura peut-être l’occasion de montrer s’il est actif contre les variants de SARS-CoV-2 qui tendent à supplanter la souche originale du virus.