Après s’être perdu lors d’une randonnée, un Américain de 45 ans, victime d’une hypothermie extrême, a vu son cœur s’arrêter pendant près de 45 minutes ! Admis aux urgences, il a finalement pu être ranimé grâce à l’obstination sans faille des médecins.

C’est une histoire qui tient presque du miracle que vient de rendre publique le journal américain The Seattle Times.

Un randonneur de 45 ans, retrouvé inconscient et en état d’hypothermie sur les hauteurs du mont Rainier, dans l’État de Washington, aux États-Unis, victime d’un arrêt cardiaque de près de 45 minutes, a pu être « ramené à la vie » grâce une technique de réanimation rarement utilisée à l’hôpital.

La chaîne NBC rapporte l’histoire extraordinaire du randonneur ramené à la vie après son long arrêt cardiaque dans un tweet.

« Quand je me suis réveillé, je n’ai vraiment pas compris ce qu’il s’était passé. Je suis extrêmement reconnaissant et je remercie tout le monde ici à l’hôpital de ne pas m’avoir abandonné. Je suis en vie et je respire. » Au micro de la chaîne WPVI-TV, Michael Knapinski a encore du mal à comprendre ce qui vient de lui arriver. Car l’homme revient de loin… de très loin.

Tout commence le matin du 7 novembre. Le quadragénaire décide de partir en randonnée avec un ami dans le parc national du mont Rainier, un imposant strato-volcan dont le sommet culmine à plus de 4 000 m. Les routes y sont enneigées, les températures particulièrement fraîches, mais cela n’empêche pas les deux amis de se séparer au beau milieu de leur équipée.

Car alors que Michael Knapinski envisage de se rendre à l’hôtel du Paradise en raquettes, son ami, lui, préfère se rendre au refuge de montagne Camp Muir à skis avant de l’y retrouver. Une erreur stratégique qui a bien failli être fatale à Michael Knapinski. Confronté à la neige aveuglante et au gel, le malheureux finit par se perdre dans les brumes du mont Rainier.

Les heures passent… et Michael Knapinski ne donne toujours pas de signe de vie. Son ami, qui l’attend depuis plusieurs heures sur le parking du Paradise, s’inquiète et finit par signaler sa disparition le soir même aux autorités du parc.

Immédiatement, un plan de recherche se met en branle : trois équipes du personnel du parc se mettent à sa recherche jusqu’au petit matin… sans résultat. Mais le lendemain après-midi, une fois le ciel dégagé, la donne change. Après des heures de recherches infructueuses, un hélicoptère spécialement réquisitionné finit par repérer le randonneur aux abords du bassin-versant de la rivière Nisqually.

Inconscient, souffrant d’une hypothermie extrême et avec un pouls très faible Michael Knapinski est transporté d’urgence du Harborview Medical Center. Sur le trajet, la situation devient désespérée : le cœur du randonneur s’arrête de battre.

 

Afin de lui sauver la vie, les médecins du centre décident de tenter le tout pour le tout, en recourant à une technique spéciale de réanimation appelée ECMO, une séance d’oxygénation par membrane extracorporelle.

Cette technique, rarement utilisée à l’hôpital, consiste notamment à « contourner l’action du cœur et des poumons ». Dans ce processus, le sang est pompé à l’extérieur du corps vers une machine cœur-poumon qui élimine le dioxyde de carbone et renvoie le sang chargé d’oxygène vers les tissus du corps, explique le Seattle Times.

« Il est mort alors qu’il était aux urgences… Cela nous a donné l’occasion unique d’essayer de le sauver en contournant essentiellement son cœur et ses poumons, en utilisant la forme la plus avancée de soutien artificiel que nous ayons dans le monde », a déclaré Jenelle Badulak, médecin de l’unité de soins intensifs.

Après 45 minutes d’efforts colossaux, le « miracle » a eu lieu : le cœur de Michael Knapinski est reparti. « Il est revenu d’entre les morts », a résumé la Dr Jenelle Badulak.

Deux jours durant, l’équipe médicale s’est ensuite relayée pour le surveiller, afin de s’assurer que l’état du randonneur continuait à se stabiliser. Au bout de ces deux jours, Michael Knapinski « a ouvert les yeux ».

« C’était vraiment incroyable de voir un patient pour lequel nous avions travaillé si dur, du début à la fin, se réveiller ainsi, c’était spectaculaire et très impressionnant », a confié au Seattle Times Whitney Holen, infirmière en traumatologie de l’unité de soins intensifs, assise à côté de Michael Knapinski lorsqu’il s’est réveillé.

 

Tout aussi extraordinaire : l’homme qui a frôlé la mort « de très près » a pu quitter sans aucune séquelle l’hôpital seulement huit jours après avoir été admis dans un état d’arrêt cardiaque équivalent à un décès.

 

« Nous n’avons eu qu’une poignée de personnes à sortir de l’hôpital après un arrêt cardiaque hypothermique. Le cas de Michael est rare. Ce gars-là va encore vivre pendant des dizaines d’années », a conclu la Dr Jenelle Badulak dans les colonnes de CNN.