Habib Mosaheb
Habib Mosaheb

Cette réplique de Pravind Kumar Jugnauth me rappelle une autre expression célèbre, celle de sir Anerood : « PA MOI SA, LI SA ! ». Finalement, qui a fauté alors? Dites-moi !

Trois drames en mer en un peu plus d’un mois. D’abord, le 25 juillet, le MV Wakashio s’échoue sur les récifs à Pointe d’Esny. Le 6 août, commence le déversement d’huile provenant du navire « accidenté ». Cela, après des mouvements louches à proximité du bateau. C’est alors une marée noire sans précèdent…avec des conséquences graves sur nos lagons, la vie marine et l’écosystème marin ; sur les activités économiques ; sur les habitants du Sud-est, leur santé, leurs revenus et leur qualité de vie.

Ensuite, la mort subite et inexpliquée jusqu’ici d’une cinquantaine de dauphins et mammifères marins. Puis, le 31 août, au large de Poudre d’Or, la collision mortelle (trois morts et un disparu), entre le remorqueur Sir Gaëtan et une barge.

Les autorités ont institué deux Court of investigation : la première sur l’affaire Wakashio, et la seconde sur la collision de Poudre d’Or. Nous ne connaissons pas, pour l’instant, les « terms of reference » de ces deux tribunaux spéciaux. Mais cela ne nous empêche pas de poser certaines questions. Est-ce que la première Court of Investigation aura pour tâche d’établir uniquement la responsabilité du capitaine du Wakashio ? Va-t-elle se pencher également sur le rôle et la responsabilité de certaines institutions mauriciennes, notamment la National Coast Guard ? Quid du Shipping Department, du ministère de l’Environnement et celui de la Pêche et de l’Économie océanique ? Pourquoi les autorités concernées ont agi/réagi presque 12 jours après l’échouage du navire ? Pourquoi des décisions tardives ?

Surtout, ne me dites pas que c’était en raison du mauvais temps ! Que la mer « ti mové » ! Et puis quoi encore ? Dès le début de cette affaire, la « chain of command » a dysfonctionné, ou plutôt était « chamboulée ». Ki sann-la finn foté ? Dire moi !

La seconde cour spéciale devra enquêter sur la collision de Poudre d’Or. Et là, il y a beaucoup à dire…comme l’état des équipements, le « sea worthiness » du remorqueur SGD, le temps qui prévalait ce jour-là et la sécurité des membres d’équipage pour une opération de remorquage…

On apprend par ailleurs qu’un seul hélicoptère était capable de voler la nuit. Et là encore, il n’avait pas assez de carburants. Les autres appareils étaient en panne ou ne pouvaient sortir que le jour. Tout comme les radars de la NCG et l’inefficacité de ses patrouilleurs à surveiller nos eaux territoriales et assurer notre sécurité maritime.

Ki sann-la finn foté ? Uniquement le conseil d’administration et la direction de la Mauritius Ports Authority ? Personne d’autre ? Au PMO, par exemple, où sévissent de nombreux conseillers, experts et spécialistes ? Au bureau du commandant en chef, qui est à la tête de la « chain of command « ? En l’occurrence, Pravind Jugnauth, responsable de la police, de la NCG, sans oublier que le port tombe sous sa tutelle… Il est d’ailleurs Premier ministre du pays, n’est-ce pas ?

Ki sann-la finn foté ? Dire moi. Pas moi en tout cas !

Pour terminer, permettez-moi de revenir sur la démarche de certaines groupuscules sectaires, qui veulent morceler notre pays, qui tentent, ce dimanche (06 septembre), de répliquer au grand rassemblement national du samedi 29 août, Nous sommes une nation, issue des différentes étapes de notre peuplement … descendants d’esclaves, de coolies, d’immigrants chinois et de colons européens. Avec nos différences et notre diversité, nous sommes parvenus à construire un tronc commun… comme nous le rappelle notre hymne national, AS ONE PEOPLE AS ONE NATION, In Peace, Justice and Liberty.

Les divisionnistes et autres sectaires sont une infime minorité. La communauté mauricienne est très largement majoritaire dans ce pays.

Habib Mosaheb


** Version française de notre éditorial du dimanche 6 septembre, diffusé dans l’émission Kozé Do Mo Pep