Habib Mosaheb Editorial
Habib Mosaheb

La corruption n’est pas un phénomène nouveau à Maurice. Mais depuis quelques temps, elle a pris une dimension alarmante et dangereuse. Le dernier cas en date : l’affaire autour d’un projet du CEB à la centrale de St Louis, à Plaine Lauzan.

Beaucoup de questions restent posées.

Quelle est l’’identité de l’individu qui a agi comme intermédiaire, courtier et négociateur ? Quel est le montant des pots de vin/commissions offert sous la table lors de cette transaction ? Comment le pactole a été redistribué à Maurice ? Qui a eu la plus grosse enveloppe ?

Une autre question : Est-ce que le ministre de tutelle n’était pas au courant de cette allégation de maldonne ? Est-ce que l’entreprise-intermédiaire locale a aussi agi en sous-contracteur ? Nous ne savons pas. Mais déjà, l’opposition et des observateurs indépendants disent   que c’est le « plus gros scandale de la décennie », en attendant bien sûr le prochain…

Une autre allégation de maldonne avait été formulée, dans le passé, autour d’un projet d’infrastructure aéroportuaire, plus précisément concernant la tour de contrôle. Et le contrat alloué à la compagnie X Est-ce qu’il y a eu s pression et chantage ? Est-ce qu’on a laissé tomber pou soi-disant sauver et préserver des emplois ?

Corruption, fraude, détournement de fonds publics, gaspillage de l’argent des contribuables, conflits d’intérêts, magouilles, maldonnes la liste est longue, n’est-ce pas ? Comme si à Maurice, la mauvaise gouvernance est devenue la norme, la pratique courante…

Le leader de l’opposition, Arvind Boolell, vient de révéler un autre scandale. Un homme d’affaires qui a obtenu 10 arpents de terres de l’Etat dans la région de l’Ouest, ne payait pas ses loyers, son « bail », depuis plusieurs années.

C’est un proche du pouvoir en place. L’Etat n’a pas agi contre cet individu, alors qu’il était dans l’illégalité. Pourtant, le ministère des terres et du logement n’a pas hésité à « bulldozer » les maisonnettes de squatters de Pointe aux Sables et de Riambel. Pourquoi avec autant d’empressement et de brutalité, la veille du déconfinement ou quelques jours plus tard ; en plein hiver, après plusieurs semaines de confinement, de couvre-feu et de traumatisme pour ces familles…

Imaginons cet enfant, pratiquement enfermé durant des semaines, dans une situation extrêmement difficile. Et qui qui voit des bulldozers démolir sa maison ? Nous tenons à préciser encore une fois. NOUS ne voulons pas justifier le squat. Nous n’encourageons pas, non plus, les gens à occuper des terres qui ne leur appartiennent pas. Nous avons seulement dénoncé la façon de faire des autorités concernées. Si celles-ci étaient vraiment respectueuses des lois, pourquoi elles n’ont rien fait contre cet homme d’affaires bénéficiaire de terrains de grande valeur, alors que lui aussi, commet un acte illégal pour loyers non-payés. Ce qui constitue également une occupation illégale…Et n’oublions pas cet autre heureux bénéficiaire de terres de l’Etat, cette fois, dans la région du Nord. Et qui les a finalement vendus en réalisant de gros bénéfices. Est-ce toutes les procédures ont été suivies ? est-ce que tous les règlements ont été respectés ?  N’oublions pas que ce profiteur est le fils d’un politicien gouvernemental…

Pour terminer, permettez-moi de citer l’homme d’Etat et écrivain britannique, Benjamin Disraeli : « Quand les gens sont propres, les lois sont inutiles. Et quand les gens sont corrompus, les lois sont violées » (When men are pure, laws are useless. When men are corrupt, laws are violated).

Comme quoi, le pouvoir se construit sur les mensonges, la manipulation, les fausses promesses et la corruption.

Habib Mosaheb.

*Le texte ci-dessus est la version française de mon éditorial diffusé ce vendredi 12 juin, dans l’émission « 7 SUR 7 », sur TOP FM RADIO.