Habib Mosaheb Editorial
Habib Mosaheb

Attention ! C’est souvent avec les mensonges, la manipulation et les fausses promesses qu’ils bâtissent leur pouvoir et leur empire.

Ne soyons plus naïfs, bêtes et crédules. Le Père Noel ne passe pas tous les jours ; en tout cas pas en juin ou en juillet. Encore moins ces temps-ci, avec la Covid-19 qui a empiré une situation déjà difficile avant l’arrivée de la pandémie sur notre territoire.

Le ministre des Finances sera-t-il capable de faire « la bouche doux » et jouer au Père Noël, de desserrer l’étau autour des plus vulnérables, de délaisser les discours traditionnels et les effets d’annonce destinés à la galerie et aux députés « tapeurs la table » de la majorité ?

Voici revenue la saison des gaspillages. Chaque année, des milliards de roupies sont englouties dans des projets dont les coûts évoluent au fil des intérêts des uns et des autres et des indispensables retours de l’ascenseur.

Des investissements douteux ; des dépenses inexplicables… des heures supplémentaires excessives… des médicaments expirés… la liste est longue. Dans la fonction publique et dans les corps paraétatiques, gaspiller, c’est souvent la norme. Nous avons appris que dans une entité parapublique, un potentat-mandarin est en train de dépenser des dizaines de milliers de roupies pour rénover son bureau. En ces temps difficiles, on peut tout se permettre avec l’argent des autres. Sans crainte. Le squat consiste à occuper des terres qui ne vous appartiennent pas. La sanction consiste à voir débarquer des bulldozers. Le gaspillage, c’est d’utiliser l’argent qui ne vous appartient pas. Mais, ceux qui s’en rendent coupables, ne sont pas bulldozés. Bien au contraire !

Il est facile de dépenser l’argent qui ne vous appartient pas. De puiser du patrimoine national pour alimenter les caisses de ces batteurs bus, non pas de bas étage, mais de la haute sphère de la société… de ces gens-là qui ne feront aucun sacrifice, qui ne changeront pas leur mode d’opération, qui n’hésiteront pas à « vampiriser » les réserves nationales… comme ils l’ont fait en 2008/2009. Car désormais, c’est aussi saison de la gourmandise et de la voracité.

Ceux qui en ont trop se bousculeront à la porte et dans l’antichambre du pouvoir politique pour en demander encore et encore. Et ils finiront par obtenir tout ce qu’ils cherchent, ou presque, avec la complicité de leurs agents bien installés au sein de l’État.

Ceux qui n’ont rien ou presque devront, encore une fois, se contenter de promesses et d’annonces qui ne durent le plus souvent que le temps des applaudissements zélés et motivés des uns et des autres.

Habib Mosaheb