Habib Mosaheb Editorial
Habib Mosaheb

Le confinement et le couvre-feu sont terminés, même si certaines restrictions seront maintenues. Mais la Covid-19 et ses conséquences nous ont permis de découvrir, ou de redécouvrir, l’ampleur de la détresse humaine, de la pauvreté et de la misère dans notre pays.  Elles ont aussi mis à l’épreuve notre capacité d’être solidaires et généreux. Notre débrouillardise. Et notre sens de la discipline.

Maintenant, ce sera une autre vague ; plus grave, plus forte. Une vague de licenciements. Déjà, à Air Mauritius, le processus a commencé ; des employés reçoivent leurs lettres de démission ou de mise à la retraite prématurée. L’angoisse et l’inquiétude se transforment, cette fois, en désespoir. Alors qu’un véritable tsunami déferle sur les droits acquis des travailleurs, poussé par le vent de la « Covid-19 Act ».

Les difficultés économiques et financières affecteront davantage les petites et moyennes entreprises. Les compagnies qui n’ont pas suffisamment de réserves. Comment vont-elles faire pour reprendre leurs activités, après plusieurs mois de confinement, et sauver en même temps l’emploi ?

La mauvaise saison que nous subissons continuera à affecter également les self-employed et les personnes qui sont sans emploi depuis bien avant la crise sanitaire.

Mais Covid-19 nous a aussi permis de redécouvrir l’égoïsme de certains ; leur tendance à profiter de la situation pour promouvoir leur propre agenda, politique et économique. Leur gourmandise ; voire même leur voracité. Avec le transfert de 60 milliards de roupies de la réserve de la Banque centrale à la caisse du gouvernement, et au sein d’une nouvelle compagnie, constitue une autre manne tombée du ciel pour le gros capital… Ces gens-là ne feront aucun sacrifice. En vrai, ils vont puiser, autant que possible, du patrimoine public. Avec la complicité de leurs agents embusqués au sein de l’Etat.

En attendant des jours meilleurs, nous nous contenterons de la nouvelle mappemonde. Où la République de Maurice aurait  retrouvé son intégrité territoriale. Mais attention ! C’est seulement sur une carte du monde…  Rien de plus. Il n’y a donc aucune raison de célébrer. Même pas une consolation…  « Kouma dir pou dekouver Moris lor map».

Habib Mosaheb.

  • Ce texte est la version en français de mon éditorial diffusé sur TOP FM Radio, ce vendredi 29 mai, dans l’émission « 7 sur 7 ».