Habib Mosaheb Editorial
Habib Mosaheb

Permettez-moi de revenir sur la mort en détention de Caël Permes, le 5 mai dernier. Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes de ce qu’on qualifie déjà de « meurtre ». Et qui pousse certaines voix à réclamer la démission du commissaire des prisons.

Nous sommes en droit quand même, de poser certaines questions, n’est-ce pas?

D’abord, pourquoi on a transféré le détenu depuis la prison centrale de Beau-Bassin à la prison de haute sécurité, à la Bastille, à Phoenix ? D’autant que Caël Permes avait été interpelé pour un délit mineur, c’est-à-dire vagabondage ?

Pourquoi juste avant son arrivée à la Bastille, on a éteint les cameras de surveillance ? Il parait que ce n’était pas une panne technique, mais qu’il y a eu une intervention directe pour mettre le système hors d’usage. Est-ce qu’il s’agit d’un complot bien orchestré? Est-ce qu’il y a eu préméditation? Caël Permes détenait-il certaines informations, certains secrets qui auraient pu incrimer certaines personnes ? Nous n’avons pas de réponses précises pour le moment. Mais nous sommes certains que les enquêteurs apporteront les éclairages nécessaires…

Ce qui est arrivé à la Bastille nous rappelle une autre affaire survenue au centre de détention de Moka, où un policier arrêté dans le cadre d’une enquête sur un réseau d’importation de drogues, s’est supposément suicidé dans sa cellule.. Et là encore, les cameras de surveillance ne fonctionnaient pas …L’enquête sur la mort de ce policier n’a pas eu de suites au criminel, les enquêteurs ayant conclu que c’était un cas de suicide… Est-ce que le policier detenait certains renseignements sur le réseau d’importation de drogues ? ? Nous ne le savons pas.

Tout cela nous rappelle également la mort d’autres personnes, en détention, dans des postes de police, même à Alcatra, aux Casernes centrales ? Kaya, Iqbal Toofany, Ramlagan, parmi tant d’autres.

Tout cela nous rappelle aussi les nombreux cas de brutalités policières confirmées. Où malheureusement, certains enquêteurs se servent plutôt de leurs muscles, de leur force physique, au lieu de leur cerveau, pour essaye d’obtenir des confessions. Dans une situation où les rapports de force jouent tout le temps en leur faveur ?

Nous savons que les policiers font un travail important, voire crucial, pour assurer la sécurité de la population et maintenir le « law and order”. Souvent, dans des conditions difficiles, et des fois, même au risque de leur vie.

Mais ceci ne leur donne pas le droit de frapper, de violenter et d’agresser les suspects, quels qu’il soient. Ou d’abuser de leur pouvoir… afin d’évacuer leurs frustrations personnelles et professionnelles.

Il est vrai que des brébis égarées salissent la réputation de la police. Mais il ne faudrait pas qu’il y en a trop de brébis galeuses… et que l’exception devienne la règle…

Habib Mosaheb

· Ce texte est une version en français de mon éditorial diffusé sur TOP FM Radio, dans l’émission « 7 Sur 7’ animée par Michael Jean Louis et Murvin Beetun.

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