Habib Mosaheb Editorial
Habib Mosaheb

Le gouvernement a institué un Comité National de Communication (NCC) sur le Covid-19. Une instance temporaire et nationale émanant du Bureau du Premier ministre (PMO) et qui est la seule source officielle d’informations sur l’évolution de la pandémie à Maurice, et les mesures prises par les autorités.

Mais, comme l’a dit Rajesh Bhagwan au Parlement vendredi, certains ministres se servent du NCC pour attaquer et dénigrer l’Opposition et faire du « cheap politics » avec la complicité de la MBCTV.

S’ils veulent vraiment tenir des discours partisans, rien ne les empêche de convoquer la presse, même en ligne, à partir du Sun Trust. Mais de grâce, n’utilisez pas le NCC pour débiter des contre-vérités et des faussetés. Faites-le sur les « caisses de savon », devant vos partisans.

Déjà, le NCC pratique l’exclusion et la discrimination vis-à-vis de certains médias—plus particulièrement Top FM.
Déjà, vous ne répondez pas aux questions qui vous embarrassent, même si elles relèvent de l’intérêt national…

Mesdames et Messieurs les ministres, PPS et députés. Arrêtez, s’il vous plaît, de vous comporter comme si vous étiez les propriétaires du pays. Arrêtez de vous comporter comme si vous aviez le monopole du savoir ; comme si vous aviez raison tout le temps.
Nous, ici à Top FM, nous faisons notre travail, nous assumons nos responsabilités, c’est-à-dire, informer, analyser et commenter ; tirer la sonnette d’alarme à chaque fois que cela est nécessaire ; souligner les manquements et dénoncer les abus. Et surtout, en période de crise, comme c’est le cas depuis mars, agir en intermédiaire entre la population et le gouvernement– ministères et autres agences gouvernementales. Un pont entre la base et le sommet.

Malheureusement, trop souvent, surtout ces dernières semaines, le gouvernement fait tout pour affaiblir le Pont, et se sert d’une plateforme nationale comme le NCC pour faire de la propagande, et tenir des propos partisans. Alors qu’il fallait au contraire choisir le dialogue et la concertation pour avancer ensemble.

Dommage. Nous avons affaire à un chef de parti et de clan. Et non à un homme d’Etat.

Habib Mosaheb.

• Ce texte est la version en français de mon éditorial diffusé sur Top FM Radio, ce dimanche 17 mai, dans l’émission « Kozé Do Mo Pep ».

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