Habib Mosaheb Editorial
Habib Mosaheb

Permettez-moi de revenir sur le disfonctionnement—ou le mal fonctionnement—et la dégringolade de nos institutions, y compris les entreprises publiques.

Partout, les mêmes symptômes, les mêmes maladies : ingérence politique—outrancière le plus souvent ; des nominés politiques aux Conseils d’administration et même au sein du top management, et là encore, trop souvent sans les compétences requises. Et bien sûr, ce sont eux qui prennent les décisions ; qui influencent l’orientation des institutions concernées.

Et quand il y a crise, naufrage ou crash, qui va payer les pots cassés ? Certainement pas ces Messieurs et ces Dames ! Non les victimes, sont toujours les employés, les exécutants. Exemple : Air Mauritius ou 50 % des pilotes vont être licenciés.

D’une pierre deux coups. Car nous savons que depuis un récent conflit industriel, certains dirigeants du pays et de MK ont une dent contre les pilotes. Alors, on profite de la faillite d’Air Mauritius pour dégraisser, et pour régler des vieux comptes ! Jamais, les décideurs seront inquiétés ou sanctionnés. Au contraire, ils continueront à bénéficier d’une protection presque sans faille.

Par ailleurs, la présente situation est aussi une aubaine pour les adeptes de l’ultra-libéralisme au sein du gouvernement et leurs conseillers. Ils en profiteront pour revenir avec leurs projets de privatisation sous prétexté de trouver des partenaires stratégiques qu’ils qualifieront bien sûr d’indispensables. Ils l’ont essayé avec la CWA et le Port (la MPA). Mais ont dû battre en retraite face a la résistance des employés et de leurs syndicats. Et cette fois, ils ciblent MK.

Revenons justement à Air Mauritius. Il y a quelques temps, on avait nommé Monsieur Sherry Singh à la tête d’une Transformation Team. Près de cinq mois plus tard, qu’est-ce qui s’est passé ? MK a coulé encore plus… Cotte le sauveur était vous autres ?

Ce qui nous ramène à d’autres compagnies où l’Etat est actionnaire majoritaire. Et à poser des questions d’intérêt national. Quelle est la situation financière de Mauritius Telecom et de SICOM, entre autres ?

Et finalement, qui va évaluer la performance du top management et du Conseil d’administration de ces compagnies d’Etat, de ces importantes institutions du pays ? Qui osera initier une enquête sur leurs décisions qui ont mené et qui mèneront certainement vers la catastrophe ?

Non. Encore une fois, les victimes se trouvent ailleurs. Ces Messieurs et ces Dames, savent qu’ils sont pratiquement intouchables aussi longtemps que leurs protecteurs continueront à diriger le pays. Voilà le drame. Un drame sans fin.

** Ce texte est une version en français de mon éditorial diffusé ce vendredi après-midi, dans l’émission « 7 Sur 7 » sur Top FM.

Habib Mosaheb

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